Saintes : Une plongée historique dans l'évolution de la rue du Général-Sarrail
Cette artère secondaire sur la rive gauche de Saintes, aujourd'hui connue sous le nom de rue du Général-Sarrail, occupait autrefois une place bien plus importante dans le tissu urbain. Mardi 14 avril, le Service Ville d'art et d'histoire a proposé une visite riche en anecdotes dans le cadre du Printemps de l'architecture, permettant aux participants de voyager à travers les siècles.
Retour au XVIIe siècle
Il faut une bonne dose d'imagination pour se projeter au XVIIe siècle et reconstituer l'espace qu'occupe aujourd'hui le square Foch. Grâce à des plans anciens, Maud Gradaive, référente du pôle de recherches à la Direction du patrimoine et guide conférencière, facilite ce voyage dans le temps. Elle anime la seconde visite de ce Printemps de l'architecture, s'appuyant notamment sur le plan de Masse de 1712 de Saintes conservé à la Médiathèque de la ville.
À cette époque, à l'emplacement du palais de justice actuel se dressait le couvent des Frères mineurs. Non loin se trouvait la porte Aiguière, située à l'entrée de l'actuelle rue Alsace-Lorraine. « Il s'agissait de l'unique ouverture de ce côté est pour pénétrer dans la cité fortifiée », explique Maud Gradaive. « En dehors, toute cette zone était très rurale, avec des champs, des zones boisées et très peu d'habitations. »
L'évolution d'un axe stratégique
Ce qui constitue aujourd'hui la rue du Général-Sarrail – baptisée ainsi en 1929 – n'était alors qu'un chemin, mais pas n'importe lequel : il menait à Rochefort. Un peu plus haut se trouvait le couvent des filles de Notre-Dame, créé en 1626, donnant son premier nom à la rue : rue des Notre-Dame.
Près de sept décennies plus tard, en 1781, le roi cède les remparts à la Ville. Reverseaux entreprend alors des travaux de désenclavement, donnant naissance quatre ans après au cours qui porte son nom. « Ce nouvel axe représente la rocade de l'époque », résume Maud Gradaive. La rue des Notre-Dame permettait de rejoindre ce nouveau cours Reverseaux. Le cours National ne sera terrassé qu'en 1817 et le cours Lemercier en 1850. Avant cela, la rue des Notre-Dame faisait office d'entrée ouest de la ville.
Transformations et bombardements
Au fil des années, ce secteur s'urbanise progressivement. Parmi les somptueuses habitations, la Villa Musso, construite en 1853, présente un éclectisme architectural allant du style rococo au maniérisme, témoignant des évolutions stylistiques.
Durant l'Occupation, la Kommandantur s'installe dans la Villa Musso, tandis que la Gestapo occupe le 2 cours Lemercier. « Ces endroits stratégiques ont été visés par des bombardements anglais le 24 juin 1944 », développe Maud Gradaive. « De nombreuses maisons ont été détruites. »
Les numéros 7 et 9 de la rue ont été reconstruits presque à l'identique par l'architecte angoumoisin Marcel Duhem, avec de petites corniches et des mascarons très épurés. La maison voisine, également reconstruite, adopte quant à elle les standards sobres de l'Après-Guerre. Plus haut, du 27 au 33 de la rue, en face de l'Hôtel de Mornac, les reconstructions suivent également cette tendance.
Découvertes archéologiques
Encore un peu plus haut, l'école Emile-Combes, dernière école neuve de Saintes datant de 1987 et signée Jacques Baert, cache une surprise. « Les fouilles en amont ont mis au jour une mosaïque de la période augustéenne, au Ier siècle de notre ère », indique la guide. Cette mosaïque est aujourd'hui visible sur le mur de l'entrée de l'école.
Pratique
Deux derniers rendez-vous sont programmés en cette fin avril :
- Mardi 21 avril à 15 heures : visite du quartier Saint-Vivien. Rendez-vous square Foch.
- Jeudi 30 avril : visite du quartier de la gare et des ateliers. Rendez-vous devant la locomotive, avenue Jules-Dufaure.
Réservations et renseignements au 05 46 92 34 26. Tarif unique : 5 euros la visite.



