Le SA Mérignac Gymnastique crée la sensation en éliminant Meaux en Top 12
Mérignac élimine Meaux et se qualifie en demi-finales du Top 12

Le SA Mérignac Gymnastique crée la sensation en éliminant Meaux en Top 12

Pour sa première saison dans l'élite, le club girondin a frappé un très grand coup. Emmenées par leur nouvelle championne du monde junior par équipe, les Mérignacaises ont sorti l'historique club de Meaux et son internationale française Coline Devillard pour se qualifier pour les demi-finales du Top 12. À Mérignac, dans la banlieue de Bordeaux, près de 500 personnes ont assisté à un événement majeur du sport aquitain.

Une qualification historique pour les Girondines

Les filles du SA Mérignac Gymnastique se sont qualifiées pour les demi-finales du Top 12, sorte de Top 14 de la gymnastique, qu'elles découvrent cette année. Elles ont battu l'historique club de Meaux, fort de ses 34 années d'élite et de ses neuf podiums sur les dix dernières saisons. Sur chacun des quatre agrès, trois gymnastes de chaque club s'affrontent sous forme de duel. Les juges attribuent les points et le verdict s'affiche à l'écran : gagné ou perdu.

Sur les 12 duels, les gymnastes locales, entraînées par Michael Pallares, n'en ont perdu que deux. Elles avaient réalisé quasiment la même performance, il y a un mois contre Brumath (Alsace) en ne perdant que deux duels et un duel nul. Ainsi, les Girondines ont condamné Brumath et Meaux à se rencontrer pour du beurre le week-end prochain.

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L'énergie collective des Mérignacaises

« Elles ont réussi à s'adapter, à se remobiliser tout en étant assez détendues et rayonnantes pour se libérer sur les agrès », se satisfaisait l'entraîneur girondin Michael Pallares. « Elles ont eu cette énergie collective qui fait leur force et face à un grand club comme Meaux, il y a de quoi être fier. »

Le retour de Maïana Prat et le défi de Coline Devillard

Dès l'échauffement, deux silhouettes se distinguent. À Mérignac, Maïana Prat, fille prodigue du club qu'elle connaît depuis ses 3 ans, fait son retour. La lycéenne de 15 ans et membre du collectif France n'a pas participé au premier match victorieux car elle préparait les Mondiaux juniors, à Manille, dont elle est revenue dorée par équipe et bronzée au sol.

La deuxième silhouette porte le justaucorps adverse. La dernière fois qu'on a vu Coline Devillard sur un plateau officiel, c'était aux Jeux olympiques de Paris. Depuis, la triple championne d'Europe au saut de cheval a dû se remettre du traumatisme de l'échec des Bleues aux JO et d'une opération au tibia.

Un petit doigt qui change tout

Son petit auriculaire gauche va créer le premier rebondissement. En le tapant contre la poutre à l'échauffement, la gymnaste internationale se l'est fracturé, l'empêchant de concourir pleinement. La locale Éloane Clément saisit sa chance avec un yurchenko-vrille pilé mieux noté que la lune salto carpée demi-tour de Devillard. Léa Franceries, également membre du collectif France, et Prat font le job pour un 3/3 quasi inespéré pour Mérignac.

La gestion de pression exemplaire de Maïana Prat

« Ce résultat nous a mis en confiance », analyse Maïana, aussi championne à l'applaudimètre. Pourtant, Maria Jvania manque son entrée en piste avec deux chutes et un duel logiquement perdu. Elsa Viala, de retour de blessure, réalise un bon mouvement mais perd tout de même son match.

C'est là qu'interviennent Prat et sa gestion de la pression digne d'une vieille briscarde de l'acrobatie. L'amplitude des lâchers, la fluidité de l'enchaînement et la réception pilée d'une sortie double arrière groupé font encore la différence et maintiennent Mérignac devant à mi-parcours.

Les compliments de Devillard

« Cette gestion du stress, c'est ce qui m'impressionne chez elle et qui me fait penser qu'elle fera une très bonne athlète senior », prédit Coline Devillard. « Un tel compliment venant d'elle, ça fait plaisir et on prend », réagit la mère de Maïana.

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La démonstration se poursuit à la poutre et au sol

Pour les locales, quoi de mieux que la poutre et sa cruelle incertitude pour enfoncer le clou ? Franceries ne tremble pas, Jvania se ressaisit et réalise un sans-faute. Puis Prat fait du Prat. Sous les yeux ébahis de petits gymnastes de Bruges venus exprès, le déséquilibre sur sa série flip, flip, salto tendu décalé ne l'empêche pas de gagner son duel. Encore 3/3 pour Mérignac.

La démonstration n'est pas finie. Au sol, Jvania donne le ton avec des diagonales propres et une chorégraphie qui emporte un public déjà acquis. Toujours malgré la blessure, Devillard envoie son double arrière tendu sur sa première diagonale mais les sauts et pivots manquent de netteté. Face à elle, Mérignac envoie Maïana. À l'image de la méthode de son entraîneur basée sur « les détails et les choses simples réalisées proprement », elle termine devant d'1 point et 266 centièmes. Son nom est scandé par toute la salle.

Le bonheur simple de la gymnastique

« Je suis juste heureuse de faire de la gym », confie-t-elle modestement après sa performance remarquable.

Mérignac s'installe sur la carte nationale

Mérignac s'est installé sur la carte de la gymnastique française avec l'assurance de rester dans l'élite la saison prochaine. En attendant, les demi-finales auront lieu le 4 avril et un tirage au sort désignera l'adversaire du club girondin. « Tout sauf Avoine, tenant du titre », espère l'entraîneur Michael Pallares. Même pas sûr que ça fasse peur à Maïana et ses copines.

Après un mouvement compliqué aux barres, l'internationale géorgienne Maria Jvania a remporté son duel à la poutre, contribuant à la victoire collective.

Coline Devillard : « Retrouver du plaisir »

« C'était compliqué de revenir dans une salle de gym », confiait encore Coline Devillard en février dernier. L'échec de l'équipe de France de gymnastique aux Jeux de Paris reste dur à digérer pour les gymnastes bleues dont la triple championne d'Europe et bronze mondial au saut. Dans la foulée, elle s'était fait opérer du tibia en décembre 2024 et n'avait plus refait de compétition depuis ce samedi, à Mérignac avec son club de Meaux en Top 12.

« Même si ça ne s'est pas passé comme prévu, j'étais contente et motivée de revenir », confiait-elle après la défaite face aux Girondines et un auriculaire du pied gauche fracturé. « La suite pour moi est de retrouver du plaisir à l'entraînement et en compétition avec des objectifs qui sont bons pour moi ».