UBB sous pression : déplacement capital à Bayonne en Top 14
UBB sous pression : déplacement capital à Bayonne

À quatre journées de la fin de la phase régulière de Top 14 et à quinze jours d’une nouvelle finale de Champions Cup, l’Union Bordeaux-Bègles n’a encore rien gagné. Et elle peut encore tout perdre. À ce stade, elle ne peut pas se permettre de faire une croix sur le championnat. Les hommes de Yannick Bru serrent donc les dents et continuent de se battre sur tous les tableaux. Une semaine après leur demi-finale européenne face à Bath (38-26), le rendez-vous de ce samedi (16 h 35) sur le terrain de l’Aviron Bayonnais s’annonce capital dans la course à la qualification.

Un championnat sous tension

Si le soleil brille sur la scène continentale où un doublé se trouve à portée de main, l’UBB a vu le ciel s’assombrir très nettement en championnat après ses deux défaites de rang à La Rochelle (45-15) et face à Montpellier (21-23). Occupant la 6e place à égalité de points (60) avec le Racing 92 (7e), le club girondin n’a plus du tout de marge et se trouve plus que jamais sous pression.

La 2e place, synonyme de qualification directe pour les demi-finales, est encore mathématiquement possible mais relève désormais d’un miracle. Assurer un barrage à domicile reste la priorité mais la simple qualification n’est pas encore assurée et en cas de nouveau faux pas, le piège pourrait très vite se refermer sur les Bordelais. Une défaite à Bayonne pourrait en effet les éjecter du top 6 qu’ils occupent depuis la 8e journée. D’autant plus que tous les concurrents directs jouent à domicile lors de cette 23e journée. Le niveau d’alerte est clairement passé au rouge.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les cadres sur le pont

« Il n’y a pas le temps de réfléchir, reconnaît le troisième ligne Bastien Vergnes. Ça nous est arrivé plusieurs fois cette saison de rebasculer dans ce Top 14 après un gros match le week-end précédent. On a l’expérience de ça. On remarque que pour l’instant, ce sont des matchs qui ne nous réussissent pas particulièrement. Mais on n’a plus trop de cartouches pour essayer d’aller chercher cette qualification. Rien n’est acquis, loin de là. Il y a quatre finales à jouer, quatre matchs pour aller chercher la qualification. Au classement britannique, on est 7e. Donc on n’a plus le choix. »

Dans ce contexte d’urgence, le staff girondin n’a pas le luxe de pouvoir faire tourner son effectif et gérer le temps de jeu de certains cadres comme il le souhaiterait. Pour ce rendez-vous, il a effectué six changements (Tameifuna, Cazeaux, Vergnes, Reus, Mousques, Buros). Le club girondin est contraint de puiser dans les réserves en faisant enchaîner des cadres comme Lucu, Moefana, Woki, ou Palu en tant que titulaires, ainsi que Jalibert, Bielle-Biarrey et Gazzotti sur le banc. Seuls Sadie, Coleman, Matiu (commotion) et Penaud sont laissés au repos. À quinze jours d’une finale de Champions Cup, cela n’est pas sans risque. Mais cela reste nécessaire pour tenter de se relancer au Pays basque.

« Tout le monde est mobilisé, tout le monde comprend la position de l’équipe actuellement et le contexte du Top 14, souligne Shaun Sowerby, l’entraîneur de la touche. En termes de motivation, je pense qu’on sera prêt, en termes de préparation aussi. Ce n’est jamais facile d’aller là-bas et de décrocher un résultat positif. Mais on va tout mettre en œuvre pour que ça soit possible. La stratégie, c’est d’utiliser l’effectif pour amener à la fois un peu de fraîcheur tout en gardant une bonne trame de leaders. Il faut qu’on soit capable de livrer une performance de 80 minutes. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Une part d’irrationnel

De son côté, l’Aviron Bayonnais n’a plus grand-chose à espérer cette saison. Occupant la 12e place, il reste sur deux défaites de rang face à Pau (22-54) et à Toulon (52-26). Depuis le début de l’année, Jean-Dauger n’est plus une forteresse imprenable puisque les Ciel et blanc y ont été vaincus à trois reprises en Top 14. Mais une part d’irrationnel s’invite toujours dans ces confrontations face à l’UBB au regard de l’antagonisme entre les deux clubs ces dernières saisons, alimenté par les mouvements de joueurs ou de membres de staff entre les deux formations, dont le dernier en date, celui du directeur de la performance Thibault Giroud, dont l’arrivée à Bayonne est programmée pour 2027. Ajoutez à cela l’inimitié entre Yannick Bru, le manager girondin, qui devra prendre place en tribunes ce samedi pour purger son dernier match de suspension, et le président bayonnais Philippe Tayeb…

« On sait à quoi s’attendre, on sait où on va mettre les pieds et on sait la ferveur que va déployer le public d’entrée de match, explique Bastien Vergnes. Ça va être un gros combat. » Dont il faudra obligatoirement sortir vainqueur pour rester accroché au bon wagon.