Baptiste Serin : « Je suis persuadé qu’on peut se qualifier » avant le choc RCT-Toulouse
Serin : « Je suis persuadé qu’on peut se qualifier »

Après avoir « ruminé » l’élimination en demi-finale de Coupe d’Europe, Baptiste Serin s’est pleinement recentré sur la fin de saison en Top 14 et l’immense défi qui attend le RCT face à Toulouse, ce samedi 9 mai 2026, au stade Vélodrome de Marseille. Le demi de mêlée ne veut surtout « rien regretter ».

La digestion de l’élimination européenne

Samedi dernier, le RCT terminait à une passe d’une finale de Champions Cup. Baptiste Serin explique : « La victoire ne se joue pas qu’à une passe. Elle se joue à plein de choses. Mais c’est vrai que tu as une dernière canette où tu peux passer devant. Il faut le digérer parce que ça reste une demi-finale perdue. Ça met toujours un peu de temps. Mais l’avantage de notre sport et de notre calendrier, c’est que tu rejoues un match hyper important le week-end suivant. Finalement, tu gamberges pendant les deux ou trois premiers jours mais, après, tu dois switcher. Sinon, tu risques de passer à côté. Et il ne faut pas, parce qu’on a encore gros à jouer. »

Interrogé sur la comparaison avec l’élimination en quart de finale l’an dernier, il répond : « Je n’en sais rien. Je trouve que ce match contre Toulouse, on l’avait joué sans le jouer. Là, on a un peu plus déployé des choses même si, par moments, on aurait pu faire davantage. Je crois qu’on a été moins attentistes et plus entreprenants. On les a mis en difficulté mais, malheureusement, sur notre période en supériorité numérique, on joue un peu à l’envers et on fait des fautes qui leur permettent de rester dans le match. »

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L’après-match pour un compétiteur

Le demi de mêlée confie : « Je n’ai pas revu la demie, mais je peux vous la raconter de bout en bout. En plus, je suis sur le bord au début, donc j’analyse tout. Au final, j’ai des regrets. Quand tu es compétiteur, tu en as forcément. J’ai été un peu dans le déni le soir du match. Et puis, j’ai eu le contrecoup le lendemain, quand je ne m’occupais pas trop de mon fils. Après des défaites comme ça, j’essaye de rester le plus longtemps possible avec lui. Ça m’aide à penser à autre chose. Mais, le pire, ça a été le lundi, où je n’ai rien fait de ma journée car il était à la crèche. Là, ça été horrible. Tu rumines, tu te demandes ce que tu aurais pu faire de mieux… Après, chacun le prend différemment. Désormais, il faut passer à autre chose. Le sport de haut niveau n’attend pas. Vous avez vu notre programme… »

Le choc contre Toulouse

Affronter Toulouse maintenant, est-ce un cadeau empoisonné ? « Même si on avait gagné, ça aurait été un cadeau empoisonné. Quand tu joues Toulouse, c’est toujours le cas. Maintenant, c’est bien, parce qu’on va pouvoir se confronter à ce qui se fait de mieux en Europe, ou quasiment. On est encore outsiders sur le match. C’est une étiquette qui nous colle à la peau ces derniers temps. Alors, il faut qu’on joue, qu’on se fasse plaisir. On a à cœur de faire mieux que l’an dernier, où l’on s’était fait dépasser (défaite 50-16, Serin avait même écopé de son premier carton rouge en carrière). Là, il y a tout à gagner. Si tu perds, c’est envolé. Chaque match est une finale. »

La condition physique du RCT

Les jambes ne commencent-elles pas à être lourdes ? « C’est vrai qu’on a beaucoup de blessés à certains postes. Il y en a qui sont obligés de tirer sur les organismes. Le calendrier fait que tu termines les saisons éreinté. C’est comme ça pour tous les mecs qui jouent beaucoup. Maintenant, quand tu arrives dans le sprint final, c’est mentalement que ça se joue. C’est le degré de ta volonté qui va faire la différence. Est-ce que tu as vraiment envie de te surpasser ? Ce sont des bras de fer où il faut répondre mentalement. Ce sera au premier qui lâche. »

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Le Vélodrome, un cadre particulier

Les matchs au Vélodrome sont toujours sujets à débat. Comment les vit-on en tant que joueur ? « Le seul souci, oui, c’est que tu sais qu’il va y avoir beaucoup de Toulousains. Mais ça a toujours été comme ça. On a eu la chance de les jouer à Mayol l’an dernier (en Champions Cup). Là, l’ambiance était plus hostile… C’était le bonheur. (sourire) Mais il faut aussi se rendre compte de la chance qu’on a. Dans une carrière, pouvoir dire que tu as joué au Vélodrome, avec toute l’histoire qu’il y a et les joueurs qui y sont passés, ça reste un privilège. »

Objectif top 6

La saison sera-t-elle ratée sans top 6 ? « Je n’ai pas envie de penser qu’on ne va pas y être donc, pour l’instant, je ne sais pas quoi vous répondre. Je suis persuadé qu’on peut le faire et c’est tout ce qui me vient en tête. Forcément, tout le monde tire le négatif parce que ça ferait parler, mais on fait quand même une demi-finale de Coupe d’Europe. Quoi qu’on dise, tu es dans les quatre meilleures équipes européennes et pas loin d’être dans les deux meilleures. Ça, il va falloir venir nous l’enlever. Avec tout ce qu’il s’est passé cette année, parce qu’on n’a pas eu une saison linéaire, c’est quand même un gage de confiance pour la suite. Mais, à présent, j’aimerais qu’on finisse sur les chapeaux de roues. Il ne faut surtout rien regretter. »