Un Classique historique : le PSG écrase l'OM 5-0 au Parc des Princes
Au Parc des Princes, on commence sérieusement à y croire. Croire que le Paris Saint-Germain a abordé le premier tiers de la saison avec une certaine nonchalance, utilisant le second comme une préparation physique intensive pour être au sommet de sa forme dans la dernière ligne droite. Les propos d'Ousmane Dembélé en zone mixte, où il a déclaré : « on a bien négocié la première partie de saison », alimentent cette théorie qui manquait jusqu'ici d'un catalyseur décisif.
Une humiliation collective pour Marseille
On cherchait ce déclic en Ligue des champions, mais il s'est finalement produit en Ligue 1, face au grand rival marseillais qui avait jusqu'alors donné tant de fil à retordre aux Parisiens. Après une défaite au Vélodrome et un miracle lors du Trophée des champions, ce dernier affrontement promettait un volet haletant. Le match n'aura finalement pas lieu, remplacé par un rite d'humiliation collective. Le score de 5-0 est tout aussi historique pour les uns que douloureux pour les autres.
Dembélé retrouve son pressing fou, Kvaratskhelia est magique
« Les mois importants de compétition arrivent, il faut donner plus », avertissait Luis Enrique avant le Classique. Tout le monde acquiesçait, mais se demandait légitimement si cette équipe, fatiguée par un exercice 2024-25 interminable, privée de véritable présaison, et redevenue fébrile en Ligue des champions, avait les ressources pour répondre à cet ordre. La réponse a été un oui retentissant.
À l'image de son équipe, Ousmane Dembélé a retrouvé son esprit conquérant. Constamment sur les starting-blocks à chaque relance du gardien, avec un regard de tueur en plus, il n'a pas rechigné au pressing. Et bien sûr, il a délivré une passe décisive et inscrit un magnifique doublé. Son deuxième but, avec un crochet, un autre crochet, et une frappe du droit, est une œuvre d'art à accrocher dans une galerie, à côté de son chef-d'œuvre face au Losc.
« C'est l'instinct, je vois que je mets beaucoup d'intensité sur les premiers ballons et j'élimine les adversaires », a expliqué Dembélé. Luis Enrique, quant à lui, a ironisé en conférence de presse : « C'est incroyable, samedi on me demandait pourquoi il était irrégulier, alors j'aime les joueurs irréguliers comme Ousmane ».
Une équipe au sommet de sa forme
Et que dire du reste de l'équipe ? Nuno Mendes a été aérien, João Neves a retrouvé son don d'ubiquité, Khvicha Kvaratskhelia sa magie, tandis que Bradley Barcola et Désiré Doué ont opté pour une direction artistique plus clivante, celle des casseurs de reins maudits à la finition. « Notre objectif c'était de mettre le feu sur le terrain, a déclaré l'ancien Rennais au micro de Ligue 1 +. On a tout donné ce soir et ça porte ses fruits ».
Dembélé voulait « faire passer un message »
Le constat est implacable : il y a eu dans cette prestation parisienne des éclairs de la seconde partie de saison dernière, jusqu'à la communion avec un Parc des Princes que l'on n'avait plus vu aussi survolté depuis la demi-finale de Ligue des champions contre Arsenal. « On avait à cœur de faire un grand match et aussi de faire passer un message à un peu tout le monde », a souri le Ballon d'Or après la rencontre.
Quand Ousmane Dembélé joue à ce niveau, il ne peut quasiment rien arriver de mal au Paris Saint-Germain. Il appartient à la suite des événements de classer cette manita dans la case des épiphénomènes ou des actes fondateurs. Dans toute sa contradiction, Luis Enrique refuse d'en faire un match référence. Il lui préfère la prestation contre le Sporting à Lisbonne, malgré la défaite 2-1, mais estime au minimum que la victoire de dimanche « donnera de la confiance », quand Désiré Doué pense déjà à capitaliser dessus : « Il faut qu'on continue sur cette lancée ».
Le début des choses sérieuses
Cela commence par le déplacement chez son ancien club, vendredi prochain, puis à Louis II contre Monaco, en Ligue des champions. Le début des choses sérieuses. Si, comme le dit Dembélé, « les supporters parisiens auront la banane demain », la joie ne tient qu'à un fil. La marge en Ligue 1 sur le dauphin Lens est minime, et la défense du titre européen reste improbable au vu des dernières sorties en Ligue des champions. Mais dimanche soir, un grand rayon de soleil est venu transpercer les nuages noirs du ciel parisien. Et cela suffit pour y croire.