Le Gardois Alexandre Delettre (28 ans, Total Energies) vit son premier Tour de France. Il raconte ses deux premières semaines, entre satisfaction et déception.
Une étape de repos bienvenue
À quel point allez-vous savourer l’étape de repos, ce lundi ? « Elle ne peut que faire du bien. Cette fin de deuxième semaine est dure. En plus, je suis un peu malade, je suis enrhumé depuis deux-trois jours. J’espère que cette journée va m’aider à me soigner un peu. La maison n’est pas très loin, ça va être l’occasion de se ressourcer… C’est clair. Montpellier, c’est pas tout à fait la maison, mais je connais bien les routes, les petits endroits pour aller boire un café avec les copains. Puis la famille va venir me voir, c’est cool. »
Un premier Tour intense
Vous participez à votre premier Tour de France. Répond-il à vos attentes ? « C’est encore plus fort que ce que je pensais. J’imaginais davantage de journées un peu plus tranquilles, de transition. Il n’y en a pas eu tellement, voire aucune. Je discutais avec les gars. Il paraît que c’est un des Tour où ça roule le plus vite. Quant à mes attentes personnelles, j’espérais pouvoir prendre plus d’échappées. Ce n’est pas encore le cas. J’ai un peu de déception par rapport à ça. Il reste une semaine pour rectifier le tir. »
Une 11e place encourageante
Lors de la 2e étape (arrivée à Boulogne, victoire de van der Poel), vous terminez 11e dans le groupe des meilleurs. Comment avez-vous vécu le moment ? « Physiquement, je suis au niveau. Mais le niveau du Tour est tellement élevé. La moindre erreur de placement se paie cash. Les étapes où j’espérais un bon classement, je n’ai pas pu à cause de ça. Puis c’est hyper compliqué de prendre l’échappée. Ça roule à des vitesses affolantes. Je pense être à mon meilleur niveau, mais il manque un petit peu pour jouer la gagne devant. »
Au contact des meilleurs
Le fait d’avoir été au milieu des van der Poel, Pogacar, Vingegaard, qu’avez-vous ressenti ? « J’avais coché cette étape. On avait fait au mieux avec l’équipe, qui était autour de moi. Là, j’étais super bien placé dans le final, ça correspondait bien à mes qualités de puncheur, j’ai pu m’accrocher pour jouer la gagne. Sur le moment, même moi j’ai été surpris d’être avec les meilleurs. Je me fais gêner dans le final pour espérer mieux. Mais ça me rassure et je me dis que j’ai le niveau pour être sur le Tour de France. »
Une sélection méritée
Comment votre sélection pour participer au Tour s’est faite ? Etiez-vous préparé ? « J’étais dans la pré-sélection au mois de mai. Tous les coureurs avaient la réponse à la mi-juin. Pourquoi j’ai été pris ? C’est plusieurs petites choses. Ma manière d’être, mon abnégation, mon travail d’équipe et mes performances. J’ai montré que j’étais au niveau pour y être. Et je joue un peu sur tous les tableaux. Je peux aider les sprinteurs, les grimpeurs et je peux performer quand c’est assez punchy. Je suis assez complet pour être sur un Tour de France. »
Objectifs pour la troisième semaine
Quelle est votre ambition pour cette troisième semaine ? « Aller à l’avant, faire le maximum et aussi épauler Jordan (Jegat, 11e du général) qui nous fait un sacré Tour de France. Et j’espère qu’il va rentrer dans le top 10. Ce sera compliqué pour moi de l’aider en haute montagne, mais si je peux l’aider avant, je donnerai tout. »
Un engouement incroyable
D’un point de vue global, comment vivez-vous l’épreuve ? « C’est la plus belle course du monde. L’engouement est incroyable. Mardi, j’aurai tous mes proches sur le bord de la route. Certains vont se mettre dans le Mont Ventoux, ils auront bien le temps de me voir (rire). »



