Un adieu émouvant au stade Musard
Le 7 mai 2006 restera gravé dans les mémoires des supporters béglais. Ce jour-là, le CABBG disputait son ultime rencontre sous le célèbre maillot à damiers, symbole d'une histoire riche et passionnée. L'émotion était palpable dans les tribunes du stade André-Moga, où les yeux étaient rougis et l'atmosphère lourde. Seuls les Tourangeaux, contraints de ne pas perdre pour valider leur billet pour les barrages, semblaient échapper à cette vague de nostalgie.
Une préparation chargée de symboles
Dans l'intimité du vestiaire, le manager Fonfon Miralles peinait à remplir sa dernière feuille de match, qu'il conservera en souvenir avec le ballon du match offert à son petit-fils. Le coach Frédéric Garcia, quant à lui, exhortait ses joueurs : "Pensez à l'image que vous allez laisser pour cette dernière apparition." Les tee-shirts d'échauffement floqués "Damier un jour… Damier toujours" résumaient à eux seuls l'attachement profond de l'équipe à ce maillot historique.
Un match sous haute tension
Sur la pelouse, le jeu fut haché, marqué par la fébrilité des Béglais et la crispation des Tourangeaux. La première période se résuma à un duel de buteurs entre Julien Lavie et Benoît Rieger, dont les parents sont voisins à Gujan-Mestras. C'est finalement Rieger qui concrétisa la domination de son pack dans des cocottes à la béglaise, permettant au CABBG de rester au contact à la pause (9-12).
Une seconde période décisive
Après la pause, le jeu ne s'améliora guère, mais l'engagement resta total. Lavie remit les compteurs à plat (12-12, 52e), puis Lisala gâcha un surnombre à l'approche de la ligne (61e). Le tournant du match vint sur un long dégagement béglais : un rebond capricieux trompa l'arrière tourangeau, permettant à Gaultier de suivre, de prolonger au pied et d'aplatir en premier dans l'en-but. Lavie rata la transformation (17-12, 68e), laissant le CABBG sous la menace d'une équipe de Tours pour qui un nul suffisait. Mais les Béglais s'accrochèrent, aidés par deux pénalités manquées de Benoît Rieger en fin de partie.
Une victoire du cœur
"On a mis beaucoup de cœur pour finir sur une bonne note", confia le flanker Laurent Hairabétian, les larmes aux yeux. "Notre pressing défensif a fini par payer. On ne pouvait pas perdre ce match." L'arrière Benjamin Bagate, qui bouclait sa carrière à ce niveau avec Robby Mc Donald, ajouta : "Je pense au titre de 91, à André Moga. J'ai commencé à l'école de rugby à Bègles. La boucle est bouclée. On a fait honneur au maillot."
Ce dernier tour d'honneur, sous les acclamations d'un public libéré, marqua la fin d'une ère. Le maillot à damiers fut rangé au placard, mais les souvenirs resteront à jamais gravés. La page pouvait se tourner, mais l'histoire du CABBG continue de vivre dans les cœurs.



