Au procès de l'assassinat d'Agnès Lassalle, sa sœur prend la parole sans haine
Sœur d'Agnès Lassalle témoigne sans haine au procès

Au troisième jour du procès pour assassinat du lycéen qui a poignardé Agnès Lassalle à Saint-Jean-de-Luz, sa sœur s’est exprimée pour la première fois, « sans haine », pour inciter à « une réflexion approfondie sur les maux actuels, sur ce qui fait société ».

Depuis le drame, la famille d’Agnès Lassalle ne s’était jamais exprimée publiquement. Elle a préféré la discrétion, à l’image de la personnalité de la professeure, assassinée le 22 février 2023 par un adolescent de 16 ans, au lycée Saint-Thomas-d’Aquin à Saint-Jean-de-Luz, au Pays basque. Ce jeudi 23 avril, au troisième jour du procès devant la cour d’assises des mineurs, à Pau, Sylvie Ducourau, l’une des sœurs d’Agnès Lassalle, s’est livrée pour la première fois devant les quelques médias locaux restés malgré le huis clos du procès, au lendemain de son témoignage et de celui de ses parents devant la cour.

« C’est une semaine difficile que nous traversons tous comme nous pouvons, avec des moments d’émotion, avec retenue et discrétion telle que nous sommes et telle qu’Agnès a été pour nous. Il y a eu des témoignages bouleversants et nous souhaitons remercier du fond du cœur tous ceux qui sont venus à la barre pour apporter leur éclairage précieux et leur ressenti sincère », a-t-elle déclaré, calmement, dans un discours mûrement réfléchi, écrit sur un carnet. Elle a remercié « l’établissement Saint-Thomas d’Aquin, le directeur d’établissement, tous les professeurs et tous les élèves très courageux. Nous pensons à toutes les victimes de ce drame, les amis d’Agnès, ses collègues, les élèves, toute la communauté éducative et bien au-delà. »

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Éviter de nouveaux drames

La décision de prendre la parole a été difficile. La veille, elle a été submergée d’émotions devant la cour. Sylvie Ducourau souhaitait faire passer un message pour « éviter que ces drames se reproduisent », sans juger l’accusé ni sa famille, dont les parents ont été présents tout au long du procès. « Nous essayons d’avancer cette semaine sans trop trébucher, comme depuis trois ans et comme sûrement encore pendant de longues années à venir. Nous avançons sans haine. Nous avons de la compassion pour la famille de l’accusé. »

L’assassinat de sa sœur par un élève a été le premier d’une malheureuse série d’agressions à l’arme blanche dans le milieu éducatif en France, sur fond de dégradation de l’état de santé mentale des jeunes et de sécurité dans les établissements. « J’espère que les questions que soulève cette affaire susciteront une réflexion approfondie sur les maux actuels, sur ce qui fait société », espère-t-elle.

« Prendre soin de chacun »

Avant d’adresser un dernier message d’alerte et de réflexion : « Comment nous voulons la construire, quel monde nous souhaitons proposer à nos enfants, comment rééquilibrer les choses pour que la violence, la haine, ne soit plus omniprésente ? Pour que les valeurs d’amitié, d’altérité, d’attention à l’autre reviennent un peu plus au centre ? Comment innover pour prendre soin de chacun, que chacun trouve sa place dans le respect des uns et des autres, comme Agnès essayait de le transmettre à ses élèves. » L’avocat de la famille, Nicolas Rothé de Barruel, assure que ses clients « espèrent un chemin de justice et espèrent la paix ».

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