Les Landaises ont remporté avec une volonté phénoménale la troisième manche d’une finale dantesque (53-50). Elles réalisent un doublé historique au terme d’une saison hallucinante. Elles voulaient aller au bout de leur rêve. Un rêve dingue de conserver leur titre. De réaliser un doublé inédit en ajoutant à la Coupe de France le titre de championnes de France. Elles l’ont fait, on ne sait trop comment. Ou plutôt, on ne le sait que trop bien : comme les filles de Basket Landes ont fonctionné toute cette saison, avec une énergie et un cœur énormes, pour elles, pour le club, pour leurs supporters.
Un combat acharné dès les premières minutes
Leur prestation, ce dimanche soir, dans la manche 3 de cette finale, restera assurément dans les annales. Ultra-défensive, mais d’une émotion rarement égalée. Les premiers instants de l’ultime rencontre de cette saison donnent le ton. Le combat sera âpre, intransigeant, impitoyable. Le moindre relâchement, plus que jamais interdit. Chaque passe claque comme un coup droit. Chaque duel dégage une décharge d’électricité. Chaque tir résulte d’un effort intense.
Les deux équipes se marquent littéralement à la culotte, si bien que le score évolue tout doucement, un coup à droite, un coup à gauche. Jamais très loin l’un de l’autre, les unes des autres. À l’entame décidée de Bourges (0-6 au bout de trois minutes), répondent deux tirs primés de Macquet et Djekoundade : 6-6 au bout de six minutes, les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Un deuxième quart-temps sous haute tension
Un nouveau tir (très) longue portée de Bussière, on ne sait trop comment d’ailleurs, remet à nouveau les deux formations à égalité parfaite au bout de dix minutes déjà éreintantes pour les nerfs. Mais on n’a pas encore vu le deuxième quart, où tous les curseurs sont encore un peu plus relevés, les boulons serrés, les largesses totalement oubliées. Et le tableau d’affichage continue de clignoter avec parcimonie. Un coup d’un côté, un coup de l’autre.
Lorsque Lacan, particulièrement surveillée, convertit ses deux séries de lancers francs, Basket Landes mène de 4 points (21-17, 13e) et c’est le bout du monde. Cinq minutes plus tard, c’est l’exact contraire et cette fois, c’est Pitarch-Granel qui moissonne de près puis sur la ligne des lancers (23-27). Avant, forcément, une nouvelle égalité à la pause : Musa arrache le ballon à la très dissuasive Djaldi-Tabdi pour l’envoyer dans le cercle, avant de conclure en toute tranquillité un contre initié par Djekoundade et relayé par Lacan.
Un troisième quart-temps décisif
La Nigériane qui relance les hostilités au début d’un troisième quart décisif lors des deux précédentes manches : catastrophique à Bourges, euphorisant et reboostant à Mitterrand deux jours plus tôt. Eh bien il sera… percutant. À coups de trois points rageurs (Droguet vs Dally), de harcèlements incessants, de tentatives d’intimidation physique qui en appellent à des marquages encore plus serrés. Myriam Djekoundade (4 contres, 11 d’évaluation) a livré une prestation défensive énorme.
Chaque ballon est brûlant mais on se l’arrache des mains sans ménagement. La prise en sandwich de Lacan par la défense Tango lui arrache néanmoins un sourire : le combat est dantesque, comme attendu. Et Bourges l’intensifie encore un peu plus en toute fin de période par Pitarch-Granel, réactive sur Wojta, et Diaby, en mode bélier sous le cercle (36-40, 30e).
Un dernier quart-temps au sommet de l'intensité
Le dernier quart atteint des sommets, l’intensité dramatique est à son comble. Le KO, tout proche. Le renoncement, totalement absent même, on le voit bien, tout devient infiniment difficile. Le visage crispé de Pardon se déride à peine lorsqu’elle rapproche les siennes à une petite unité (41-42, 35e). Lacan bronche à peine quand, dans la minute suivante, elle remet, encore une fois, les compteurs à égalité d’un « plus un » (44-44). Car Bourges conserve toujours la main. Des lancers de Diaby, un tir mi-distance de Duchet. Alors Basket Landes recolle encore : Lacan, puis Musa colmatent la brèche, il reste une minute.
Une toute petite minute au bout de huit mois incroyables de compétition, un Final Six d’Euroligue, une victoire en Coupe de France. Alors, comment tout cela pouvait-il se terminer autrement que par un jaillissement de Lacan, une course à toutes enjambées et un lay-up d’école ? Que par un trois points de Pardon autoritaire à 15 secondes du buzzer ? Que par un espace Mitterrand qui explose quand Bourges perd la balle et que Lacan l’expédie à l’autre bout du terrain ? Basket Landes est champion de France pour la troisième fois de son histoire. Mais ce titre-là sacre plus qu’une équipe, presque une philosophie : jouer, tout simplement.



