Depuis le lundi 4 mai, dans les restaurants universitaires de France, le repas à 1 euro est désormais accessible à tous les étudiants, y compris ceux qui ne sont pas boursiers. À Béziers, cette mesure est perçue comme un véritable soulagement dans un contexte de précarité étudiante toujours très présent.
Une mesure attendue à Béziers
À midi et demi, au restaurant universitaire de Béziers, la nouvelle circule dans la file d'attente : « Tu sais que là, tu vas manger pour un euro ? ». Depuis le 1er mai, fini les 3,30 euros pour les non-boursiers : tous les étudiants peuvent désormais déjeuner pour un euro seulement. De quoi attirer de nouveaux visages. Parmi eux, Issam, 19 ans, étudiant en histoire, profite pour la première fois de ce coup de pouce : « C'est moins cher que d'aller acheter un sandwich n'importe où ». Avec ses amis, il compte bien « aller plus souvent » au restaurant universitaire, lui qui ne s'y était rendu que deux fois jusqu'ici.
Julie, 18 ans, boursière, voit d'un bon œil cette généralisation : « On est tous mis sur le même pied d'égalité comme ça ». « Par contre, je m'attendais à ce qu'il y ait plus de monde », s'étonne l'étudiante. Si la hausse de fréquentation a été évaluée à 12,5 % à l'échelle nationale, l'affluence reste pour le moment maîtrisée à Béziers, avec une dizaine de personnes dans la file d'attente.
Un contexte de précarité toujours alarmant
Selon une étude de l'Ifop, en 2025, un étudiant sur deux vit avec moins de 100 euros par mois une fois le loyer payé, et plus d'un tiers a déjà sauté un repas, faute de moyens. Béziers n'est pas épargné par le sujet. À l'université Paul Valéry, près de 60 % des étudiants sont boursiers et 34 % déclarent ne pas manger à leur faim, selon une enquête réalisée entre 2021 et 2022.
Yoan Mille, responsable communication de l'IUT de Béziers, relève un contexte difficile pour les étudiants : « Ils ont payé le Covid, l'inflation... Il y a un vrai besoin ». L'institut compte 47 % de boursiers pour 550 étudiants. Lina Alaoui, fondatrice de l'association « Éloquence et pouvoir » à l'université de Béziers, engagée dans la lutte contre la précarité étudiante, se réjouit de cette nouvelle mesure : « Il y a plein d'étudiants non boursiers qui cumulent les jobs pour s'en sortir, ça va être un grand changement ».
Une épicerie solidaire toujours active
En septembre 2025, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier avait ouvert une épicerie solidaire au sein de la cafétéria de l'Université de Béziers, pour lutter contre la précarité étudiante. La généralisation du repas à un euro pourrait soulager ce dispositif, estime Lina Alaoui, qui rappelle que, sans cette aide, « de nombreux étudiants ne parviendraient pas à se nourrir correctement ». Reste que le restaurant universitaire demeure fermé en soirée. Un manque auquel l'épicerie solidaire continuera de pallier.



