Florent va se marier avec Arthur très bientôt, mais pour lui, si « couple et sexe sont liés, ils peuvent aussi exister de manière autonome ». Dans un témoignage intime, il raconte comment le libertinage s'intègre dans leur relation.
Un cadre posé dès le début
« Dès le début, je lui ai dit que je ne me voyais pas dans une sexualité exclusive », confie Florent, 37 ans. Lorsqu'il a rencontré Arthur il y a trois ans, il sortait d'une relation longue et appréciait sa liberté sexuelle. Il a donc été très clair : devenir un couple oui, à condition de pouvoir coucher avec d'autres personnes. « Il n'y a pas eu de cachotterie car on a mis des règles en place dès le départ. »
Le règlement est simple : « On peut faire un peu ce qu'on veut mais seulement quand on n'est pas ensemble physiquement dans la même ville. Et on ne revoit jamais deux fois une même personne. »
Un équilibre qui fonctionne
Depuis trois ans, la formule tient, même si Arthur « pratique moins » que Florent. Ce dernier ressent d'ailleurs une certaine lassitude récente. « Je me lasse un peu du libertinage en ce moment, mais le plus sympa, c'est plus la possibilité qu'on a que l'idée de le faire vraiment. »
Florent continue de fréquenter des établissements privés où la sexualité libre est autorisée, environ une fois par mois ou tous les deux mois. « Pour 20 euros, on accède à trois étages avec salle de sport, bar, sauna hammam où faire l'amour. Il y a aussi des endroits dédiés aux partouzes. » Il décrit cet espace comme un lieu de « totale liberté », où l'on peut être soi-même sans masque social.
Des rencontres sans lendemain
Dans ces lieux, Florent vit des moments hors du temps. « Comme c'est nudiste dès l'entrée, il y a un côté métaphorique : on change de peau, on tombe tout masque social. Je peux être qui je veux. » Les rencontres sont essentiellement sexuelles, mais il arrive qu'une connexion plus profonde s'établisse. « On commence à se raconter nos vies. » Cependant, il ne revoit jamais personne : « Ah non, ça en reste là. Que du sexe. »
Un cheminement personnel
Florent n'a pas toujours été aussi libre dans sa sexualité. « J'ai été hétéro jusqu'à 25 ans, dans une sexualité très normative, puis j'ai fait mon coming out. Mais mes premières relations étaient assez classiques, avec un peu d'autocensure. »
C'est dans sa précédente relation longue qu'il a découvert le sexe libre, mais l'expérience a mal tourné. « On a ouvert notre couple quand il battait de l'aile - la dernière chose à faire. Sans surprise ça a tout fait exploser. » Avec Arthur, tout est différent : « On communique énormément. C'est la clé. On a trouvé un mode de vie qui nous convient. Ma priorité, c'est lui et moi. »
Le mariage, une nouvelle étape
Pour Florent, le mariage n'est pas synonyme d'exclusivité sexuelle. « On associe encore le mariage à l'exclusivité absolue, à tort pour moi. Avec Arthur, je partage une vie, des projets, un quotidien… C'est mon partenaire de vie. Il y a toujours du désir entre nous, mais cela ne remplacera jamais le frisson de la découverte. Couple et sexe sont liés, mais ils peuvent aussi exister de manière autonome. »
Le couple a essayé le libertinage ensemble, mais Arthur manque de confiance en lui. « Dans ces espaces d'hypersexualité, il ne se sent pas toujours à l'aise », regrette Florent. Malgré un ralentissement de ses activités, Florent sait qu'il a trouvé son équilibre. « Si demain Arthur me disait que cette liberté n'est plus compatible, je le vivrais mal. Ces aventures ne sont pas aussi importantes que notre relation, mais j'aurais du mal à accepter que le seul corps que je touche soit le sien. »



