Alors qu'un nouvel épisode de fortes chaleurs s'annonce pour ce début juillet en France, les climatiseurs vont tourner à plein régime. Mais quelques vérifications s'imposent pour éviter les mauvaises surprises cet été. Un climatiseur mal entretenu ne tombe pas seulement en panne : il peut aussi recracher dans la pièce ce qu'il a avalé pendant des semaines : poussières, pollens, particules. "Ce n'est pas parce qu'on ne voit pas ce qu'il y a à l'intérieur que tout s'y passe correctement", prévient Cyril Radici, directeur général du Synasav, le syndicat national de la maintenance des équipements de chauffage, climatisation et ventilation.
Nettoyage par un particulier : que faire soi-même ?
Dans l'unité intérieure, l'air est aspiré, filtré, refroidi au contact de l'échangeur, puis renvoyé dans le logement. Les filtres retiennent poussières, pollens et particules. Propres, ils "améliorent la qualité de l'air" et limitent la consommation électrique. Encrassés, ils se colmatent : "Sans nettoyage de ces filtres, vous redistribuez tout ça dans le logement et vous dégradez volontairement la qualité de l'air intérieur", explique à Midi Libre le directeur général du Synasav.
L'été, "il faut penser à les nettoyer toutes les deux-trois semaines". Le particulier peut dépoussiérer les filtres, nettoyer les grilles apparentes "à l'eau savonneuse" et vérifier que l'unité extérieure n'est pas obstruée : rien ne doit gêner l'hélice ni la ventilation. Pour les filtrations, pas de produit choisi au hasard : respectez les consignes du fabricant et utilisez des produits spécifiques. Et surtout : "ne pas s'aventurer à le faire si on ne le sent pas", insiste Cyril Radici.
Quand faire appel à un professionnel ?
Le professionnel intervient sur le nettoyage en profondeur : échangeurs, circuit frigorifique, pressions, performances, recherche de fuites de fluide frigorigène. À l'installation, le tirage au vide sert à chasser l'air du circuit. Sans cela, le système perd en performance : "Il ne peut être vertueux que si l'air est chassé". Pourtant, "on a plus d'une personne sur deux qui ne font pas d'entretien" sur leurs appareils de climatisation, note Cyril Radici, qui recommande de "ne pas attendre la panne" pour contacter un professionnel.
Pour les systèmes de climatisation "dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 70 kW", l'entretien par un professionnel est obligatoire tous les deux ans. Une visite généralement facturée "entre 120 et 200 euros".
Signes d'alerte à ne pas ignorer
Certains signaux ne trompent pas : une odeur inhabituelle au démarrage, une fuite d'eau, un bruit anormal ou une température qui ne suit plus la consigne. Les condensats doivent aussi être surveillés : si l'eau produite par la clim ne s'évacue pas, elle peut entrer "dans les cloisons", jusqu'à créer des "champignons" et détériorer le mur, explique le directeur du Synasav.
Réglage de la température : un geste simple mais crucial
La température : "Quand il fait 35 dehors, on ne met pas sa clim à 18", rappelle Cyril Radici. Au-delà de 8 à 10 degrés d'écart avec l'extérieur, l'équipement surconsomme et le corps encaisse mal le choc thermique. Même si les petites climatisations de faible puissance ne sont pas concernées par l'obligation d'entretien professionnel, le directeur du Synasav recommande malgré tout un contrôle régulier, idéalement annuel, avant les périodes de fortes chaleurs : "La fausse bonne idée, c'est de croire que l'entretien est une dépense. C'est plutôt un investissement pour maintenir les performances de son appareil", rappelle Cyril Radici. Une clim encrassée consomme davantage, refroidit moins bien et vieillit plus vite.



