Depuis sa prison, un pédocriminel tente de contacter sa victime à Mandelieu
Depuis sa prison, un pédocriminel contacte sa victime

Le 11 juin 2026, Lucie et Jérémie (prénoms modifiés) se sont rendus à la gendarmerie de Mandelieu, la rage au ventre. Un an après la condamnation de l'agresseur de leur fille Mylène, 15 ans, à quatre ans de prison, ils découvrent que l'homme a réussi à la contacter depuis sa cellule. En mai 2026, depuis la maison d'arrêt, il a passé plusieurs appels et envoyé des messages pour retrouver l'adolescente, malgré une interdiction formelle de l'approcher jusqu'en 2030.

Le piège de TikTok

Tout commence en septembre 2024. Mylène, alors âgée de 14 ans, est approchée sur le réseau social TikTok par un homme de 35 ans. « C'était une période compliquée pour notre famille et elle s'est confiée à lui », raconte Lucie. Très vite, l'homme demande des photos dénudées. « Elle a rapidement compris que c'était mal, mais quand elle a voulu arrêter de lui parler, il l'a menacée. »

Les menaces se multiplient : chantage au suicide, appels de ses propres enfants, menaces de se scarifier devant eux. « Il lui a dit que si elle parlait, il perdrait la garde de ses enfants et qu'il se tuerait par sa faute », ajoute la mère. L'homme était déjà descendu deux fois dans le Sud pour rencontrer l'adolescente.

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Des antécédents judiciaires lourds

En février 2025, une ex-épouse de l'agresseur, vivant dans le Pas-de-Calais, contacte Lucie : « Elle m'a dit que son ex-mari fréquentait ma fille. » Après une plainte, un examen gynécologique révèle « une pénétration digitale avec hématome ». Jugé dans le nord de la France, l'homme est condamné à quatre ans de prison pour agression sexuelle sur mineur.

Mais ce n'est pas sa première condamnation. En 2009, il avait écopé de six mois de prison et 105 heures de travail d'intérêt général pour corruption de mineur. En 2021, il avait reçu un an de prison ferme avec suivi socio-judiciaire pour détention de plus de 8 000 photos et 2 000 vidéos pédopornographiques mettant en scène de très jeunes filles. « C'est un prédateur, il recommencera », s'indigne Lucie.

Une libération redoutée

Depuis la condamnation, la famille a changé le numéro de téléphone et les réseaux sociaux de Mylène. Mais le numéro a été réattribué à une jeune fille de 17 ans, qui a alerté Mylène des tentatives de contact. En retournant déposer plainte, les parents apprennent que l'homme a demandé une remise en liberté et qu'il est libérable sous conditions. « Comment peut-il avoir un téléphone en prison ? », s'interroge Jérémie.

« Personne ne nous a prévenus qu'il allait être libéré. Cette histoire a brisé notre famille », confie Jérémie. Mylène souffre de troubles anxio-dépressifs et de crises d'angoisse. « J'ai peur de ce que je pourrai faire si je me retrouve face à cet homme. Je pense chaque jour à faire justice moi-même », ajoute-t-il. La famille a demandé que l'homme n'ait plus le droit de venir dans le département ni de s'approcher d'eux. « Il y aura d'autres victimes, la prochaine fois ce sera peut-être pire », prédit Lucie.

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