Dans sa maison de Luynes, en Indre-et-Loire, Catherine Caen observe un vide inhabituel sur l'écran de son smartphone. Le 1er février, cette ancienne animatrice du réseau Radio France a pris une décision radicale en désinstallant ses deux applications les plus consultées : Facebook et Instagram. Un choix assumé, bien que peut-être pas définitif.
Le défi Off February pour reprendre le contrôle
Depuis sa résidence à Luynes, Catherine Caen a décidé de relever le challenge proposé par le mouvement Off February. Ce mouvement, équivalent numérique du Dry January qui encourage l'abstinence d'alcool après les fêtes, incite à se sevrer des réseaux sociaux pendant tout le mois de février. L'objectif est clair : reprendre le contrôle de son temps et de son attention.
Une prise de conscience tardive
Catherine Caen, âgée de 65 ans, n'a pas hésité longtemps avant de s'engager dans cette démarche. "Je me suis fait happer", confie-t-elle avec franchise. "Je n'ai pas vu le danger arriver, sans doute parce que je me la pète un peu et que je pense que c'est moi qui décide. Sauf que non."
Cette mère de deux grandes filles précise qu'elle ne publie jamais sur ses réseaux sociaux. "Je ne fais que consulter, liker ou partager", poursuit-elle. "Je suis plus voyeuse qu'exhib." Pourtant, malgré cette posture de simple observatrice, les algorithmes ont réussi à la capturer.
L'emprise chronophage des algorithmes
Les plateformes sociales l'ont hameçonnée avec un flux constant de contenus variés : vidéos de danse, scènes de bébés qu'on cajole, extraits de films ou recettes de cuisine. Scroller est devenu une activité absorbante qui lui prenait "entre deux et trois heures par jour", estime-t-elle aujourd'hui.
La repentie se dit désespérée d'avoir cédé à ce qu'elle qualifie de "temps nerveux et mou à la fois". Elle décrit cette expérience avec des mots précis : "Tu baignes dans un espace mollasson, de flemme, qui en même temps te propose des contenus différents toutes les deux secondes."
Une démarche personnelle aux implications plus larges
Le témoignage de Catherine Caen s'inscrit dans une tendance plus large de prise de conscience des effets des réseaux sociaux sur notre vie quotidienne. Le mouvement Off February gagne en popularité chaque année, attirant des personnes de tous âges et de tous horizons professionnels.
Pour cette ancienne professionnelle de la radio, l'expérience représente plus qu'une simple pause numérique. C'est une véritable remise en question de sa relation avec la technologie et de la place qu'elle accorde aux écrans dans son existence.
Alors que le mois de février avance, Catherine Caen découvre progressivement les bénéfices de cette abstinence numérique. Elle redécouvre le temps long, la concentration soutenue et les interactions en face-à-face, autant d'aspects que le scroll incessant tendait à éclipser.