Gare aux bornes temporaires peu visibles à Charles de Gaulle-Étoile
Bornes temporaires peu visibles à Charles de Gaulle-Étoile

Il vaut mieux avoir les yeux en face des trous quand on se rend à la station Charles de Gaulle-Étoile (VIIIe arrondissement de Paris). Une rangée complète de portiques de la station a bel et bien disparu, mais pas l’obligation de valider son titre de transport. En cause : des travaux de renouvellement des équipements de contrôle, qui laissent place à des bornes temporaires que de nombreux usagers ne remarquent pas.

Des travaux de modernisation en cours

« Dans le cadre des travaux de renouvellement des lignes de contrôle, les anciennes lignes de contrôle de Charles de Gaulle-Étoile, côté ligne 1, ont été déposées afin d’être remplacées par des équipements plus modernes », confirme la RATP avant de préciser que la fin du chantier est prévue à la mi-septembre, dans un peu plus de trois mois.

En attendant, sur les réseaux sociaux, les témoignages d’usagers surpris et fraudeurs malgré eux se multiplient. « Les portiques ayant disparu, vous pourriez ne pas remarquer les bornes très discrètes disséminées aux quatre coins de la station. Prise dans mon rythme matinal, j’ai moi-même bien failli ne pas les remarquer », raconte une usagère sur X.

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Une autre abonde : « Plein de touristes passent à côté sans borner, surtout qu’il y a toujours beaucoup de monde et les bornes peuvent être masquées par la foule. » Un voyageur témoigne de son erreur involontaire à répétition : « Je suis passée au moins 17 fois sans capter que je validais pas ».

Des panneaux pourtant présents

Certains usagers tempèrent néanmoins. « Il y a des panneaux sur les murs prévenant que durant les travaux de remplacement des lignes de contrôle, il faut utiliser les bornes. Il n’y a aucun piège. Sauf à ne pas lever le nez de son portable et à ne pas prêter attention à son environnement », objecte un autre internaute.

La RATP assure de son côté avoir prévu le nécessaire : « Afin que les voyageurs puissent continuer à valider leurs titres, des bornes de validation temporaires ont été implantées. Elles sont renforcées par de la signalétique incitant les clients à valider sur ces bornes. »

Ce dispositif n’est d’ailleurs pas une première : la même procédure de modernisation avait déjà été appliquée à de nombreuses stations comme Bir-Hakeim, Montparnasse, La Défense et existe encore à Strasbourg Saint-Denis et Porte de Clignancourt.

Des craintes de verbalisation injustifiée

La vigilance reste pourtant de mise. Certains usagers vont plus loin et soupçonnent la RATP d’avoir délibérément placé ces bornes discrètes pour favoriser les verbalisations. « Il y a fort à parier que, ‘hasard de fou !’, les contrôleurs soient massivement déployés sur les lignes qui passent par la station CDG-Étoile », ironise une usagère sur X. La RATP balaie ces accusations : « Les équipes de contrôle font preuve de discernement face à cette situation et étudient chaque cas de personne contrôlée. »

Une méfiance qui s’explique néanmoins par un contexte tendu. Depuis juin 2025, l’amende pour défaut de validation dans le métro parisien s’élève à 70 euros. Comme nous l’écrivions en février dernier, des usagers de bonne foi ont déjà écopé d’un PV à cause de valideurs défaillants ou mal signalés. Les réclamations liées aux verbalisations ont par ailleurs bondi de 74 % en trois ans, selon des chiffres internes à la RATP.

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