Le biais de juvenoia : une peur irrationnelle des jeunes
Biais de juvenoia : peur irrationnelle des jeunes

Le sociologue américain David Finkelhor a forgé au début des années 2010 le néologisme « juvenoia », un mot-valise combinant « juvénile » et le suffixe « noïa » (comme dans « paranoïa »), pour décrire une peur irrationnelle des jeunes. Selon lui, ce biais cognitif pousse les adultes à voir les jeunes comme fainéants, incultes, indisciplinés ou grossiers, alors que cette perception est souvent infondée.

Un phénomène ancien

Bien que le terme soit récent, le phénomène est très ancien. Carl Sagan a noté qu'une tablette sumérienne vieille de 4 000 ans dénonce déjà l'indiscipline des plus jeunes. Des affirmations similaires se retrouvent chez Aristote et dans de nombreux textes antiques, jusqu'aux réseaux sociaux contemporains. Si toutes ces critiques étaient justifiées, l'humanité serait en déclin constant depuis des millénaires, ce qui est improbable.

Les causes du biais

Plusieurs facteurs expliquent ce biais persistant. D'abord, une nostalgie disproportionnée pour la propre jeunesse des aînés les pousse à croire que tout était mieux avant, ce qui est objectivement faux. Ensuite, des malentendus liés à l'âge : les jeunes sont plus impulsifs, mais aussi plus créatifs. Enfin, les médias amplifient souvent ces perceptions, alimentant une panique morale antijeunes. Selon David Finkelhor, « la juvenoia est une distorsion cognitive qui nous empêche de voir les jeunes tels qu'ils sont vraiment ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale
Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram