Anne Hidalgo distinguée parmi les urbanistes mondiaux malgré critiques et dette parisienne
Hidalgo honorée comme urbaniste mondiale malgré polémiques

Anne Hidalgo honorée comme urbaniste mondiale malgré les critiques

Un an après son score modeste de 1,75 % à l'élection présidentielle, les occasions de satisfaction restent rares pour Anne Hidalgo. Pourtant, la maire socialiste de Paris, souvent critiquée pour sa gestion municipale, vient d'être distinguée parmi « les urbanistes contemporains » les plus influents au monde par le site spécialisé Planetizen.

Selon cette plateforme écologique, l'édile parisienne a « déployé un important capital politique pour déprioriser l'automobile ». Anne Hidalgo, qui ignorait jusqu'alors l'existence de ce classement, savoure cette reconnaissance : « Cela montre bien que Paris est à l'avant-garde », s'enorgueillit-elle, avant d'ajouter avec une pointe de provocation : « Rachida Dati peut s'énerver, faire le cirque au Conseil de Paris… Je suis la première femme du classement. »

Un endettement croissant qui alimente les critiques

Derrière cette distinction internationale se cache une réalité financière préoccupante. L'endettement de la Ville Lumière atteignait 6,62 milliards d'euros fin 2020 selon la chambre régionale des comptes, alimentant les critiques des opposants. Clément Beaune et Gabriel Attal accusent ainsi la maire de mauvaise gestion, tandis que Rachida Dati dénonce le « chaos parisien » et l'« insécurité ».

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Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef, multiplie les tweets lyriques sur le « massacre » des platanes et la « destruction » de la capitale, évoquant des « poubelles à ciel ouvert » et des « surmulots qui pullulent à la tombée de la nuit ». Face à ces attaques, Anne Hidalgo dénonce des « fake news » et défend sa politique : « Ce monde de mensonges, que l'on voit aux États-Unis, a abouti à un président putschiste. »

Les projets et la défense du bilan municipal

La maire de Paris égrène ses réalisations et projets d'une voix assurée :

  • Renforcement de la police municipale
  • Plan Local d'Urbanisme bioclimatique
  • Objectif de 40 % de logements sociaux et intermédiaires d'ici 2035
  • Développement de la « démocratie participative »
  • Création de « rues oasis » et de « forêts urbaines »

Concernant ses potentiels successeurs, elle se montre sans concession : « Non, mais vous imaginez Dati à la tête de cette ville ? Une ville dans laquelle on ne respirerait plus ? Une ville où les lobbys auraient table ouverte ? Quant à Attal et à Beaune, ils feraient mieux de s'occuper de leurs secteurs qui sont en déclin. »

Les prétendants se positionnent pour 2026

La question d'un troisième mandat pour Anne Hidalgo plane, même si elle esquive : « Je ne réponds pas à cette question. Ce qui m'intéresse, c'est la transformation radicale de cette ville. » Pourtant, dans son propre camp, Emmanuel Grégoire, premier adjoint, se prépare méthodiquement et attend « le feu vert de la patronne » pour briguer la mairie.

Rachida Dati, cheffe de file de la droite parisienne, affûte déjà ses armes pour 2026 : « L'élection municipale constituera un choix de société pour Paris et les Parisiens. » Mais ses diatribes répétées commencent à lasser, y compris dans son propre camp. Un élu LR regrette : « Ce duel est trop représentatif de la politique politicienne. Les électeurs vont en avoir marre. »

Stratégies divergentes dans l'opposition

Du côté présidentiel, la stratégie d'opposition frontale à Anne Hidalgo interroge. Fanta Berete, députée Renaissance, espère un sursaut : « Honnêtement, Anne Hidalgo ne fait pas tout mal. Mais il nous faut des axes pragmatiques sur la circulation, le problème du crack, l'offre de santé. »

Pierre-Yves Bournazel, conseiller de Paris, souligne que « 2026 ne peut pas être un référendum pour ou contre Hidalgo. Son plan vélo, par exemple, va dans le bon sens. » Il ajoute : « Pour rendre possible l'alternance, le choix ne doit pas se faire sur un parachuté ministériel mais sur un élu de Paris. »

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La question épineuse des alliances

Rachida Dati plaide pour une union des forces d'opposition : « J'invite toutes les forces d'opposition et tous les Parisiens qui veulent enfin changer Paris à un large rassemblement. » Mais cette perspective divise les macronistes. Une militante s'inquiète : « Je ne suis pas très à l'aise à l'idée de se vendre à un parti dans lequel certains parlent de régression vers les origines ethniques. »

La section Renaissance de Paris prévoit des réunions à la rentrée pour définir sa stratégie, mais les divisions persistent. Une membre des Jeunes avec Macron lâche, dépité : « Là, on repart dans le mur. C'est désespérant. On ne peut pas repartir avec Anne Hidalgo pour six ans de plus. »

Alors que seuls 32 % des Parisiens se déclarent satisfaits de sa politique selon un sondage Ifop-Fiducial de mars 2023, Anne Hidalgo continue de défendre sa vision transformatrice de Paris, entre reconnaissance internationale et contestation locale.