Castelnau-le-Lez : Julien Miro tourne la page des promoteurs immobiliers
Julien Miro, le nouveau maire de Castelnau-le-Lez, a annoncé un virage radical dans la politique d'urbanisme de la deuxième ville de la Métropole de Montpellier. Élu en battant le maire sortant Frédéric Lafforgue, il déclare que « le paradis des promoteurs s'est arrêté le soir du second tour ».
Un arrêt net des constructions pour reprendre la main sur le cadre de vie
Le maire explique que les Castelnauviens ont exprimé une aspiration très forte au changement, rejetant un développement subi. « Je mettrai toute mon énergie à reprendre la main sur le cadre de vie, ralentir la bétonisation et remettre les habitants au cœur des décisions », affirme-t-il, reconnaissant s'exposer à une « bataille du pot de terre contre le pot de fer ».
Concernant la construction, Julien Miro est catégorique : « Castelnau n'a pas vocation à absorber toute la pression démographique de la métropole. On a construit trop vite ». Il précise que les objectifs ont été dépassés de 53%, un niveau jugé excessif. La commune, qui compte déjà 20% de logements sociaux (la deuxième derrière Montpellier), suspend donc les nouvelles constructions jusqu'à ce que les autres communes rattrapent leur retard.
Priorité aux équipements et renaturation des espaces
Durant cette pause, la municipalité se concentrera sur les équipements, les services publics, le stationnement et la baisse de la taxe foncière. Un dossier épineux concerne la clinique du Parc. « La clinique doit rester à Castelnau, c'est un équipement majeur, un joyau », insiste le maire, qui étudie deux hypothèses d'implantation (à côté du lycée Pompidou ou à Sablassou).
En revanche, sur le site actuel, « il n'y aura aucun logement. Zéro ! ». L'espace sera renaturé et rendu aux habitants, marquant une rupture nette avec les pratiques passées.
Refus du cumul et engagement d'exemplarité
Julien Miro a refusé un poste de vice-président à la Métropole, expliquant : « J'ai pris un engagement clair devant les habitants : ne pas cumuler et me consacrer pleinement à Castelnau ». Il siègera à la Métropole en simple conseiller, avec son adjoint François Brothier (élu 20e vice-président), pour porter la voix de Castelnau.
Il refuse également les indemnités de vice-président et a baissé de 20% les indemnités des élus municipaux. « Refuser ces indemnités, c'est montrer qu'on n'est pas là pour accumuler des fonctions ou des revenus, mais pour servir », justifie-t-il, évoquant une exigence d'éthique, de transparence et d'exemplarité.
Un maire « habitant parmi les habitants »
Julien Miro se définit comme « un habitant parmi les habitants, simplement avec plus de responsabilités ». Il refuse les privilèges : pas de voiture de fonction, pas de place réservée, les élus paient leurs places et font la queue comme tout le monde. « Ce qui compte, c'est la proximité et l'exemplarité », souligne-t-il.
Sur le plan politique, bien que membre de Renaissance, il a mené une liste sans étiquette à Castelnau. « À Castelnau, on ne fera pas de politique », assure-t-il, se présentant comme de centre droit. Il s'est engagé à ne pas se présenter à d'autres élections durant le mandat, rejetant l'idée d'utiliser cette fonction comme tremplin.
Relations apaisées avec la Métropole
Le maire entretient des relations « bonnes, franches et constructives » avec Michaël Delafosse, président de la Métropole. « Je crois, comme lui, en une métropole apaisée, qui travaille sans logique partisane », déclare-t-il, prônant le dialogue malgré d'éventuels désaccords.
Face aux critiques du sénateur Jean-Pierre Grand, ancien maire emblématique, Julien Miro répond : « Je ne réponds pas à l'agressivité. Les Castelnauviens ont tranché dans les urnes et leur message est clair : ils veulent des résultats, pas des polémiques ».
Portrait de Julien Miro
Natif de l'Aude et issu d'un milieu modeste (sa mère était secrétaire, son père employé aux espaces verts), Julien Miro, 41 ans, est cadre chez Engie. Sa compagne est avocate au barreau de Montpellier et ils ont deux jeunes enfants. En politique, avant d'adhérer à Renaissance, il a été admirateur de Jacques Chirac et garde des liens avec Claude Chirac et Frédéric Salat-Baroux.



