Couvre-feu mineurs Peymeinade : l'opposition réagit à l'arrêté de la maire RN
Couvre-feu mineurs Peymeinade : l'opposition réagit

Depuis le 1er juillet 2026, les mineurs de moins de 15 ans ne sont plus autorisés à circuler sans accompagnement dans les secteurs clés de Peymeinade, en application d'un arrêté municipal signé par la maire RN Brigitte Vidal. Cette mesure, qualifiée de « couvre-feu » par ses détracteurs, vise à prévenir les regroupements nocturnes non encadrés et les troubles à l'ordre public, tout en protégeant les mineurs eux-mêmes, selon la mairie. Les élus d'opposition ont réagi, partagés entre soutien de principe et interrogations pratiques.

Mathieu Panciatici : un soutien nuancé

Mathieu Panciatici, enseignant et élu d'opposition de gauche, estime que « la protection des mineurs mérite le soutien de l'ensemble du conseil municipal ». Il souligne que « la nuit, un mineur sans surveillance peut être confronté à de nombreux dangers : délinquance, trafics, violences… ». Cependant, il émet des doutes sur l'application concrète de l'arrêté. Au nom de son groupe, il souhaiterait voir se renforcer l'accompagnement à la parentalité, ainsi que des actions de prévention dans les établissements scolaires, les associations et auprès des acteurs éducatifs.

Patrice Anacario : l'importance de l'autorité parentale

Patrice Anacario, élu du centre droit, se dit « tout à fait d'accord car des enfants de moins de 15 ans ne doivent pas être livrés à eux-mêmes ». Il précise que le jardin d'enfants est régulièrement ciblé par des incivilités commises par des jeunes qui squattent. Pour lui, il est essentiel que « les parents retrouvent autorité, car l'éducation de certains mineurs est parfois à reprendre ». Dans le contexte de la fusillade survenue la veille, il se dit sur la même longueur d'onde que les objectifs sécuritaires de la maire, qui souhaite accroître les effectifs de police municipale et développer la vidéosurveillance. Toutefois, il met en garde contre le coût : « la masse salariale représente déjà 60 % de notre budget de fonctionnement, alors il faudra revoir nos priorités et faire des économies ailleurs si l'on renforce la sécurité ».

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Un arrêté à double objectif

Selon la mairie, l'arrêté poursuit un double objectif : éviter les regroupements nocturnes non encadrés et prévenir les troubles à l'ordre public, mais aussi protéger les mineurs eux-mêmes. La mesure s'applique dans les secteurs clés de la commune, sans que le périmètre exact ait été précisé. Les forces de police municipale sont chargées de son application.

Réactions contrastées sur le fond et la forme

Si l'opposition salue l'intention de protéger les jeunes, des réserves persistent sur la faisabilité et les conséquences budgétaires. Patrice Anacario s'inquiète notamment de l'audit que Brigitte Vidal entend réaliser sur les services municipaux, craignant que les économies nécessaires au renforcement sécuritaire ne se fassent au détriment d'autres services publics. Mathieu Panciatici, lui, insiste sur la nécessité d'une approche éducative et préventive complémentaire à la mesure répressive.

L'arrêté, entré en vigueur le 1er juillet, a été signé dans un contexte de tensions sécuritaires locales, marqué par une fusillade en pleine rue. La maire RN Brigitte Vidal, élue en 2024, entend ainsi répondre aux préoccupations des habitants tout en renforçant les moyens de la police municipale.

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