Une tribune qui dénonce la dérive gestionnaire à l'hôpital
Dans une tribune publiée récemment, un collectif de soignants tire la sonnette d'alarme sur la transformation de l'hôpital public en une entreprise soumise à une logique comptable. Selon eux, cette évolution conduit à une perte d'humanité dans les soins, mettant en péril la relation médecin-patient et la qualité des traitements.
La logique comptable au service de la rentabilité
Les auteurs de la tribune décrivent un système où chaque geste médical est codifié, chronométré et tarifé. Les soignants sont contraints de remplir des indicateurs de performance, au détriment de l'écoute et de l'attention portée aux malades. Ils dénoncent une pression constante pour réduire les coûts, augmenter le nombre de patients vus par jour, et privilégier les actes techniques rentables au détriment de la prévention et du suivi personnalisé.
Cette logique, venue du monde de l'entreprise, transforme les soignants en exécutants et les patients en clients. Les conséquences sont graves : épuisement professionnel, départs massifs de personnels soignants, et une médecine à deux vitesses où seuls les plus aisés peuvent accéder à des soins de qualité.
Un appel à une médecine plus humaine
Face à cette situation, les signataires de la tribune appellent à un sursaut. Ils réclament un retour à une médecine fondée sur la relation de confiance, l'écoute et la prise en compte de la personne dans sa globalité. Ils proposent de repenser les critères d'évaluation de l'hôpital, en intégrant des indicateurs de qualité humaine et de satisfaction des patients, et non plus seulement des critères financiers.
Ils insistent sur la nécessité de redonner du temps aux soignants pour se former, échanger avec leurs collègues et surtout pour prendre soin de leurs patients. La tribune appelle également à une refonte du financement de l'hôpital public, en sortant de la tarification à l'activité qui pousse à une course à la rentabilité.
Des propositions concrètes pour changer le système
Parmi les mesures proposées, on retrouve :
- La suppression des objectifs chiffrés de productivité imposés aux services hospitaliers.
- L'augmentation des budgets alloués à la prévention et à l'éducation thérapeutique.
- La création de postes dédiés à la coordination des soins et à l'accompagnement des patients.
- Une réforme du mode de financement des hôpitaux, en privilégiant des enveloppes globales plutôt que le paiement à l'acte.
Les auteurs de la tribune espèrent que leur appel sera entendu par les pouvoirs publics et les citoyens. Ils rappellent que l'hôpital public est un bien commun, qui doit être préservé et amélioré pour garantir à tous un accès à des soins de qualité, dans le respect de la dignité humaine.
Ce débat s'inscrit dans un contexte plus large de remise en cause du modèle économique dominant dans le secteur de la santé, où la rentabilité prime souvent sur l'humain. La tribune est une contribution importante à cette réflexion, appelant à une prise de conscience collective.



