Le nouveau directeur de l'Agence régionale de santé Occitanie, François Mengin Lecreulx, a effectué sa première visite en Lozère ce mercredi 27 mai 2026. En poste depuis le 15 avril 2026, il s'est rendu à l'Hôpital Lozère à Mende pour rencontrer les équipes et évaluer les besoins du territoire.
Une visite sous le signe de l'écoute
Interrogé sur ses impressions, François Mengin Lecreulx a salué la densité du plateau technique de l'établissement, qu'il juge "formidable" pour un département de moins de 80 000 habitants. Il a également souligné l'esprit d'inventivité du personnel, qui parvient à assurer une continuité des soins malgré des équipes réduites.
"Je tenais à venir, car on parle beaucoup des ARS pour leur rôle dans le secteur ambulatoire, mais nous avons aussi un rôle important dans l'organisation hospitalière", a-t-il déclaré.
Des difficultés de recrutement persistantes
Interrogé sur les difficultés remontées par le personnel, le directeur a reconnu qu'il existe des problèmes de recrutement, notamment sur certaines filières de soins. "J'ai vu que les soignants sont fiers de leur outil de travail, mais je sais qu'il y a des difficultés", a-t-il confié. Il a toutefois noté une communauté médicale motivée, en attente de soutien.
Des projets d'investissement sont prévus, notamment la réhabilitation des urgences et du laboratoire. "Notre rôle est d'être aux côtés de l'hôpital pour que ces projets voient le jour", a-t-il assuré.
La médecine d'urgence comme priorité absolue
Interrogé sur ses priorités pour la Lozère, François Mengin Lecreulx a affirmé : "La priorité est de conforter l'offre de médecine d'urgence. C'est celle qui est attendue par la population, surtout quand on sait qu'il n'y a qu'une cinquantaine de médecins en Lozère, dont la plupart vieillissent et vont partir à la retraite."
Il espère voir arriver de jeunes générations et fidéliser les docteurs juniors qui s'apprêtent à investir le territoire. Une autre priorité est la pérennité de l'activité obstétricale. "Finalement, c'est sur l'ensemble des filières de soin qu'on aimerait conforter la ressource en médecins", a-t-il précisé.
Un désert médical ? Pas tout à fait
Contrairement à certaines idées reçues, le directeur ne qualifie pas la Lozère de désert médical. "La médecine de ville ici est fragile, car démographiquement le territoire l'est. Mais je vois un territoire très engagé, qui fait bloc et innove pour trouver des solutions", a-t-il déclaré.
Concernant les difficultés d'accès aux spécialistes (gynécologie, cardiologie), il reconnaît qu'il n'y a pas de solution miracle, mais souligne les initiatives en cours : des praticiens viennent consulter depuis les centres hospitaliers extérieurs (Montpellier, Clermont-Ferrand) et certains pourraient s'installer durablement. "L'essentiel est qu'ils viennent apporter de l'offre, peu importe qu'ils s'installent de façon pérenne ou non", a-t-il conclu.



