Mélanome : une enzyme clé identifiée à Nice pour bloquer les résistances
Mélanome : une enzyme clé pour bloquer les résistances

Une découverte majeure à Nice ouvre une piste pour bloquer les résistances aux traitements du mélanome

À Nice, une équipe de chercheurs a identifié un mécanisme qui permet aux cellules de mélanome de résister aux traitements. En ciblant une enzyme clé, ils montrent qu'il serait possible de freiner la progression de la maladie et de retarder les rechutes. Ces travaux, publiés dans la revue scientifique Cell Reports, offrent un nouvel espoir dans la lutte contre ce cancer de la peau agressif.

Pourquoi certains mélanomes deviennent résistants ?

Le Dr Marcel Deckert et son équipe du Centre Méditerranéen de Médecine Moléculaire (C3M) à Nice se sont intéressés au micro-environnement des tumeurs, et en particulier à la matrice de collagène qui entoure les cellules cancéreuses. Cette « charpente » biologique n'est pas figée. Avec le temps, et sous l'effet des traitements, elle peut devenir plus rigide. « Quand la matrice extracellulaire se rigidifie, cela envoie des signaux mécaniques aux cellules tumorales qui vont modifier leur comportement », explique le Dr Deckert.

Le rôle clé de l'enzyme USP9X

Les chercheurs ont identifié une enzyme appelée USP9X, décrite comme un véritable « capteur mécanique ». Elle permet aux cellules cancéreuses de détecter la rigidité de leur environnement et d'ajuster leur fonctionnement en conséquence. Concrètement, USP9X empêche la destruction d'une protéine appelée YAP, connue pour favoriser la croissance, la migration et la survie des cellules tumorales. « Normalement, la cellule dispose de systèmes de contrôle qui éliminent les protéines devenues inutiles. Mais ici, ce mécanisme de dégradation est freiné », résume le chercheur. Résultat : les cellules de mélanome deviennent plus mobiles, plus agressives et surtout plus résistantes aux thérapies ciblées.

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Des résultats prometteurs en laboratoire

Les chercheurs ont reproduit ce phénomène en laboratoire, en cultivant des cellules de mélanome sur des matrices de rigidité différente, puis dans des modèles précliniques chez la souris. Dans ces expériences, l'inhibition de USP9X a permis de réduire l'activité de YAP, de diminuer l'agressivité tumorale et surtout de retarder les rechutes après traitement. « On observe souvent une première phase de réponse, puis une maladie résiduelle qui finit par repartir. En bloquant USP9X, on retarde clairement cette reprise évolutive », souligne le scientifique.

Une piste thérapeutique pour d'autres cancers

Même si aucun médicament ciblant spécifiquement cette enzyme n'est encore disponible chez les patients, cette découverte ouvre une nouvelle piste thérapeutique dans la lutte contre les résistances, qui restent l'un des principaux obstacles en cancérologie. Le Dr Marcel Deckert estime que ce mécanisme pourrait ne pas être limité au mélanome. « Il pourrait également jouer un rôle dans d'autres cancers solides, comme ceux du sein ou du poumon, où les interactions entre cellules tumorales et micro-environnement sont également déterminantes dans l'évolution de la maladie. »

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