Le 15 mai dernier, six militants ont déployé un drapeau palestinien sur la tour Eiffel pour commémorer la Nakba, l'exode de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d'Israël. Interpellés sur le monument, ils sont désormais poursuivis pour « intrusion dans un lieu historique », une infraction passible d'une contravention, selon le parquet de Paris.
Une contravention de 5e classe
Le parquet a précisé qu'aucune mise en danger n'ayant été caractérisée, seule l'intrusion dans un lieu historique ou culturel a été retenue, par ordonnance pénale. Il s'agit d'une contravention de cinquième classe, soit 1 500 euros maximum, pouvant être portée à 3 000 euros en cas de récidive.
La réaction de l'avocat
Me Mohamed Jaite, avocat des militants, a dénoncé une « punition déguisée ». Il estime que le parquet s'acharne à poursuivre ces militants pour de simples contraventions, mobilisant l'appareil répressif contre des citoyens engagés, tandis que les responsables du génocide restent épargnés. Il critique également les conditions de garde à vue, jugées indignes et prolongées sans nécessité procédurale.
Les faits
Vendredi, peu avant 17 heures, la police a été alertée de la présence de personnes exhibant un drapeau palestinien sur le toit du restaurant « Madame » au premier étage de la tour Eiffel. L'action a été revendiquée par Extinction Rebellion, qui a déclaré : « Il n'y a pas de lutte écologique possible si nous ne sommes pas capables de lutter contre l'abomination des massacres en cours à Gaza. »
Comparaison avec l'éclairage israélien
La députée européenne LFI Rima Hassan a soutenu les militants sur X, rappelant que l'ex-maire de Paris Anne Hidalgo n'avait pas été placée en garde à vue pour avoir éclairé la tour Eiffel aux couleurs du drapeau israélien le 9 octobre 2023, en hommage aux victimes de l'attaque du Hamas.



