La Fondation pour la Recherche Médicale révèle son plan stratégique ambitieux jusqu'en 2030
Créée en 1947, la Fondation pour la Recherche Médicale a dévoilé son nouveau plan stratégique, élaboré sur une année, qui s'étendra jusqu'en 2030. Ce plan s'articule autour de trois piliers fondamentaux : identifier les enjeux de santé prioritaires, renforcer l'influence de la science dans le débat public et diversifier les sources de financement. Parmi les nouveautés majeures, quatre axes de recherche prioritaires ont été définis, concentrant 64 millions d'euros sur les cinq prochaines années.
Quatre axes de recherche prioritaires pour l'avenir
Les domaines retenus incluent la fertilité et la reproduction, la santé du cerveau et la santé mentale, les maladies chroniques inflammatoires, ainsi que l'impact de l'environnement sur la santé. Ces choix reflètent une approche proactive face aux défis sanitaires émergents. Parallèlement, le programme de valorisation, destiné à transformer les découvertes en applications thérapeutiques, verra son budget annuel passer de 1,7 à 4 millions d'euros. La fondation s'engage également à publier 100 % des études financées en accès ouvert d'ici 2030 et à créer un observatoire pour lutter contre la désinformation médicale à partir de 2026.
Entretien avec Maxime Molina, président du directoire
Maxime Molina, président du directoire de la Fondation pour la Recherche Médicale, détaille les critères de sélection de ces axes. "Trois critères majeurs guident notre choix : l'enjeu de santé publique, l'existence d'un manque de connaissances ou de solutions, et le sous-financement du secteur", explique-t-il. La fondation vise à anticiper les futures crises, comme la baisse de la natalité liée à l'infertilité, en étudiant notamment l'impact des polluants chimiques, y compris les PFAS émergents.
Stratégie de financement : objectif 80 millions d'euros annuels
Pour atteindre son objectif de 80 millions d'euros de financement annuel, soit une hausse de 40 %, la fondation activera trois leviers. Premièrement, les libéralités (legs, donations, assurances-vie) restent la principale source. Deuxièmement, des campagnes de communication cibleront le grand public, notamment les jeunes, sensibles aux sujets comme l'environnement et la santé mentale. Troisièmement, les entreprises contribueront, avec une garantie d'absence de conflits d'intérêts, car la sélection des projets est indépendante. La fondation refuse les dons des secteurs de l'armement, du tabac, de l'alcool et de l'industrie pharmaceutique.
Valorisation et observatoire contre la désinformation
Concernant le programme de valorisation, Molina note qu'il est trop tôt pour évaluer le taux de succès, mais espère qu'un projet sur 20 ou 30 aboutira à des applications concrètes. L'observatoire prévu pour 2026 répondra à une recommandation publique et visera à fournir des informations fiables, plutôt que de combattre directement la désinformation. "Transmettre une information sourcée reste le meilleur moyen de lutter contre la désinformation", affirme-t-il.
Plaidoyer et indépendance
La fondation lance une mission de plaidoyer, avec des tribunes et des propositions de politiques publiques, tout en maintenant son indépendance. "Nous ne sommes pas une organisation militante, mais nous rappelons que la science doit fonder les débats publics", précise Molina. Par exemple, elle a alerté récemment sur une proposition de loi concernant les néonicotinoïdes, basée sur des preuves scientifiques.
Attractivité internationale et accès ouvert
Face au contexte américain, la fondation dispose de programmes d'aide au retour des chercheurs, sans ciblage spécifique vers les États-Unis. Elle soutient également l'initiative Choose France for Science via l'Agence des programmes de recherche en santé. Enfin, l'objectif de 100 % de publications en accès ouvert d'ici 2030 s'inscrit dans son ADN d'intérêt général, avec une insistance sur le partage des résultats, y compris des échecs, pour enrichir la communauté scientifique.