Le deuxième niveau d'alerte le plus élevé a été déclaré ce week-end par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le directeur général de l'OMS s'est dit ce mardi 19 mai « profondément préoccupé par l'ampleur et la rapidité » de la propagation d'Ebola. Au total, 531 cas suspects ont été recensés en République démocratique du Congo (RDC), berceau du virus. La propagation inquiète au-delà des frontières : deux cas ont déjà été confirmés en Ouganda.
Une autre souche du virus circulait déjà à l'automne dernier
Le ministère de la Santé de la RDC avait déjà déclaré une épidémie d'Ebola le 4 septembre 2025, la seizième dans le pays depuis la découverte du virus en 1976. À l'époque, 64 cas et 45 décès avaient été signalés, liés à la souche Zaïre, contre laquelle il existe aujourd'hui des vaccins efficaces. L'épidémie avait été déclarée terminée le 1er décembre 2025.
Aujourd'hui, c'est le variant « Bundibugyo » d'Ebola qui touche ce territoire, contre lequel aucun vaccin ou traitement antiviral n'est efficace à ce jour. Cette souche est particulièrement préoccupante en raison de l'absence de moyens de prévention et de traitement spécifiques.
La pire épidémie en 2014 en Afrique de l'Ouest
C'est en 2014, en Afrique de l'Ouest, qu'a été enregistrée la plus importante épidémie d'Ebola, causée par la souche Zaïre. Les premiers cas avaient été identifiés en Guinée avant de s'étendre au Libéria et au Sierra Leone. Au total, 28 610 cas et 11 308 décès avaient été signalés, soit un taux de létalité d'environ 40 %. Aucun vaccin n'était alors homologué : seuls des traitements palliatifs étaient administrés aux malades pour atténuer les symptômes.
L'épidémie avait également été déclarée « urgence de santé publique de portée internationale » par l'OMS. L'augmentation du nombre de centres de traitement et de lits pour les patients, ainsi qu'une meilleure prise en charge des inhumations, avaient finalement permis de mettre un terme à cette vague épidémique.
L'épidémie de 2018 en RDC
En 2018, le virus Zaïre a de nouveau touché la RDC, avec un total de plus de 3 400 cas et 2 287 morts, soit un taux de létalité de 66 %. Depuis, des foyers épidémiques ont été identifiés de manière éparse sur le continent africain sans jamais atteindre les 200 cas avant d'être endigués. La situation actuelle, avec le variant Bundibugyo, représente donc un défi sanitaire majeur.
Des mesures de contrôle renforcées
Face à cette nouvelle menace, les autorités sanitaires internationales et locales ont mis en place des mesures de contrôle renforcées. Des contrôles sanitaires dans les aéroports et la suspension de visas par certains pays, comme les États-Unis, visent à limiter la propagation du virus. L'OMS insiste sur la nécessité d'une coordination mondiale pour éviter une nouvelle catastrophe sanitaire.



