La cour d’assises de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) s’enfonce depuis lundi dans la noirceur d’un huis clos conjugal. Dans le box, Guillaume B., 51 ans, cheveux grisonnants tirés en arrière, lunettes à montures épaisses, est jugé pour viols précédés d’actes de torture et de barbarie et proxénétisme. Son ex-compagne Laëtitia R., 42 ans, décrit une descente aux enfers de sept années, jalonnée de violences physiques, de sévices sexuels et d’humiliation quotidienne sur fond de relation d’emprise. L’ancien directeur de banque clame son innocence en plaidant un contexte de relations sadomasochistes.
Des preuves matérielles accablantes
Lundi, au premier jour d’audience à la barre, Emmanuelle Boivinet, policière au commissariat de Manosque et chargée du dossier, rappelait que « ce n’était pas un dossier de parole contre parole ». Une vision que partage Me Philippe-Henry Honegger, avocat de Laëtitia. Selon le conseil, les faits dénoncés par la victime — aujourd’hui reconnue « handicapée entre 50 % et 80 % » — s’appuient sur un faisceau d’éléments matériels incontestables notamment « les conversations téléphoniques, les photos, les vidéos et les témoignages… »
Un calvaire de sept ans
Laëtitia a raconté aux jurés les violences subies quotidiennement. Elle a décrit des sévices sexuels répétés, des actes de torture, et une prostitution forcée. Guillaume B. conteste ces accusations, affirmant que tout se déroulait dans le cadre d’une relation consentie de type sadomasochiste. Cependant, les enquêteurs ont recueilli de nombreux témoignages de proches et d’anciens collègues qui décrivent un homme manipulateur et violent.
- Des enregistrements audio montrent des menaces de mort proférées par l’accusé.
- Des photos et vidéos attestent des sévices infligés.
- Des messages textes révèlent un contrôle permanent sur la victime.
La thèse de la défense contestée
L’avocat de Guillaume B. tente de démontrer que Laëtitia était consentante, s’appuyant sur des échanges où elle semble accepter certaines pratiques. Mais pour l’accusation, il s’agit de mécanismes d’emprise classiques. « Une victime sous emprise peut donner l’illusion du consentement », a souligné la procureure. Le procès doit durer encore plusieurs jours, avec l’audition de témoins et d’experts psychologues.
Laëtitia, assistée de son avocat, espère que justice sera rendue. Elle a déclaré : « Je veux que tout le monde sache ce qu’il m’a fait, pour que d’autres femmes osent parler. » L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.



