En 2008, dans son livre Tableau noir, la défaite de l'école, l'auteur décrivait déjà la déshérence linguistique de nombreux élèves, incapables de construire une pensée articulée faute de vocabulaire et de maîtrise syntaxique. Aujourd'hui, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, reprend ce constat dans sa circulaire de rentrée, affirmant que l'acquisition du langage est la priorité pédagogique.
Un problème persistant
L'auteur rappelle que ses élèves de 14-15 ans ne parvenaient pas à raconter un film vu la veille. Il souligne que le ministre insiste sur la nécessité de travailler la lecture, l'écriture et le vocabulaire dès l'école maternelle pour réduire les inégalités. Cette reconnaissance officielle valide son analyse de 2008, alors qualifiée de « catastrophiste » par Le Monde.
Les critiques et l'aveuglement
À l'époque, certains collègues avaient dénoncé son livre, y voyant un mépris pour les élèves immigrés. L'auteur rétorque que ce mépris était le leur : privilégiant l'origine culturelle plutôt que la réalité pédagogique, ils refusaient de voir les difficultés criantes. Ces mêmes personnes s'opposaient aux priorités « lire, écrire, compter », les caricaturant comme « l'école de grand-papa ».
Les résultats des enquêtes internationales
Les enquêtes PISA confirment la baisse du niveau en français, particulièrement chez les élèves défavorisés. L'auteur insiste sur la nécessité d'un enseignement exigeant et d'un travail régulier, comme le préconise le ministre. Il note que beaucoup d'élèves de troisième peinent à situer les grandes villes françaises, ne les connaissant que par le football.
Les conditions d'une école républicaine
Pour que l'exigence soit possible, il faut un cadre scolaire favorable : identification précoce des troubles, prise en charge par des spécialistes, et soutien aux enseignants. L'auteur conclut que la maîtrise du langage conditionne la compréhension du monde et la démocratie, rejoignant les propos du ministre.



