Présidentielle en Colombie : duel entre un progressiste et un outsider d'extrême droite
Colombie : duel Cepeda-De la Espriella au second tour

Même si les résultats du premier tour dimanche ne sont que partiels, l’affiche du second tour de la présidentielle en Colombie est désormais connue. Le duel opposera deux figures politiques radicalement opposées.

L’excentrique avocat millionnaire Abelardo de la Espriella devance avec 44 % des suffrages le sénateur et philosophe Ivan Cepeda (41 %), alors que 99 % des bureaux de vote ont transmis leurs résultats et que 57 % des bulletins ont été dépouillés. Les deux candidats se retrouveront au second tour prévu le 21 juin.

Ivan Cepeda, l’héritier du sortant de gauche Gustavo Petro

Ivan Cepeda a été l’un des architectes de la « paix totale », politique par laquelle le gouvernement a tenté, sans succès, de négocier avec les groupes armés. Âgé de 63 ans, il est le fils d’un sénateur communiste assassiné par des policiers alliés aux paramilitaires dans les années 1990. Les violences visant les dirigeants de gauche à cette époque l’ont contraint à s’exiler à plusieurs reprises, notamment en Bulgarie et à Cuba. À son retour en Colombie, il est devenu défenseur des victimes du conflit armé et a joué un rôle clé dans les négociations pour l’accord de paix avec l’État en 2016 ayant conduit au désarmement de la guérilla des Farc.

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Ce progressiste, admirateur de Gandhi et ennemi juré de l’ex-président conservateur Álvaro Uribe (2002-2010), prône la poursuite des réformes sociales entamées par le premier président de gauche du pays, le sortant Gustavo Petro, avec notamment une augmentation conséquente du salaire minimum. Bien qu’il ait vécu dans le bloc soviétique, Ivan Cepeda rejette le communisme et mise sur un « capitalisme productif » et « diversifié ». Ses adversaires le qualifient d'« héritier des Farc ».

Abelardo de la Espriella, un « outsider » sur une ligne dure

Se présentant en « outsider » n’appartenant pas à « la caste politique », Abelardo de la Espriella, 47 ans, est un avocat et homme d’affaires. Il explique être entré en politique pour éviter que la Colombie ne soit « détruite » par la gauche. Prônant une main de fer en matière de sécurité, ce candidat, qui aime se faire appeler « Le tigre », brigue pour la première fois une fonction élective.

Dans une Colombie fortement imprégnée de catholicisme, ce père de quatre enfants affirme avoir « trouvé Dieu ». De nationalité colombienne et américaine, Abelardo de la Espriella se dit admirateur des dirigeants du Salvador, Nayib Bukele, d’Argentine, Javier Milei, et du président américain Donald Trump. Il a défendu de nombreuses personnalités du pays, parmi lesquelles des narcotrafiquants et des stars du football. Avant de se lancer dans la course à la présidence, il vivait dans la ville italienne de Florence, faisant des affaires dans le rhum et le vin et voyageant en jet privé.

Pour combattre les groupes armés dans le pays, premier producteur mondial de cocaïne, Abelardo de la Espriella propose une alliance militaire avec les États-Unis et Israël et la construction de méga prisons. Il veut également réduire de 40 % la taille de l’État. Durant la campagne, il a été accusé d’homophobie et de sexisme. Il prétend notamment que les femmes votent pour lui en raison de la taille de ses parties génitales. Mais cela n’a pas entamé sa popularité.

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