Cocaïne et maladie auto-immune : un risque de confusion diagnostique
Cocaïne et maladie auto-immune : confusion possible

Des chercheurs britanniques mettent en garde contre une possible confusion entre une maladie auto-immune rare, la granulomatose avec polyangéite (GPA), et les lésions nasales provoquées par la consommation de cocaïne. Cette confusion pourrait conduire à des traitements immunosuppresseurs inappropriés, exposant les patients à des risques graves.

Une maladie rare aux symptômes trompeurs

La granulomatose avec polyangéite, également connue sous le nom de maladie de Wegener, est une maladie auto-immune peu fréquente caractérisée par une inflammation des vaisseaux sanguins (vascularite). Selon la Société de l'arthrite du Canada, elle débute généralement par des saignements de nez, une congestion nasale avec formation de croûtes, une sinusite, un enrouement, des douleurs auriculaires, du liquide dans l'oreille moyenne, une rougeur et des douleurs oculaires, un sifflement et une toux.

Or, la consommation de cocaïne peut induire des symptômes similaires. La Fondation Addiction Suisse précise que parmi les risques à long terme de la cocaïne figurent des lésions des muqueuses, une perforation de la paroi nasale (en cas d'inhalation) et des atteintes du tissu pulmonaire. Ces similitudes ont alerté les chercheurs de l'université de Birmingham, qui se sont interrogés sur la validité de tous les diagnostics de GPA.

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Une étude révélatrice

Pour clarifier cette question, les chercheurs ont mené une analyse rétrospective sur des patients ayant consulté une clinique spécialisée dans les vascularites au Queen Elizabeth Hospital de Birmingham et au Royal Free Hospital de Londres. Sur les échantillons analysés, 86 % se sont révélés positifs à la cocaïne, même si certains patients niaient en consommer.

Les résultats montrent que ces patients, dont les symptômes n'étaient probablement pas dus à la GPA (qui touche seulement 3 personnes sur 100 000), ont reçu le traitement standard pour cette maladie rare. Les médicaments immunosuppresseurs prescrits n'ont apporté aucune amélioration, et les chercheurs soulignent le risque d'infections graves lié à ce type de traitement. Ils concluent donc qu'il est essentiel pour les médecins d'effectuer systématiquement un test de dépistage de la cocaïne chez les patients présentant ces symptômes, avant de poser un diagnostic et de prescrire un traitement.

Contexte en France

En France, la cocaïne est le deuxième produit illicite le plus consommé après le cannabis. Selon l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), 3 % des jeunes de 17 ans et près de 4 % des 18-64 ans déclarent en avoir expérimenté.

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