Canicule : un baptême du feu pour les externes en médecine
Canicule : un baptême du feu pour les externes en médecine

Pour la première fois, les externes en médecine ont été confrontés à une crise sanitaire majeure : la canicule de juillet 2026. Alors que la France subit une vague de chaleur exceptionnelle, avec des températures dépassant les 40 °C dans plusieurs régions, les services hospitaliers sont submergés. Les étudiants en médecine, souvent en première ligne, racontent leur expérience.

Un afflux massif de patients

Dans les hôpitaux parisiens, les urgences ont enregistré une hausse de 30 % des admissions liées à la chaleur. « Je n'ai pas vécu le Covid, ça a été ma première crise sanitaire », témoigne Marie, externe à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Les patients âgés et les personnes souffrant de pathologies chroniques sont les plus touchés.

Les externes, souvent chargés de l'accueil et de l'évaluation initiale, doivent faire face à une charge de travail intense. « On a dû prioriser les cas les plus graves, c'était stressant », raconte Lucas, externe à Lyon. La canicule a révélé les lacunes du système de santé en matière de gestion des vagues de chaleur.

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Des conditions de travail éprouvantes

Les étudiants travaillent dans des conditions difficiles, avec des salles de garde non climatisées et des horaires allongés. « On tourne parfois 24 heures d'affilée », confie Sarah, externe à Marseille. La fatigue s'accumule, et certains ont dû consulter un médecin pour des symptômes liés à la chaleur.

Le manque de personnel se fait sentir. « Les internes sont débordés, alors on se retrouve à faire des tâches qui ne sont pas de notre niveau », déplore Antoine, externe à Toulouse. Pourtant, la solidarité entre soignants reste forte. « On s'entraide, on se relaie pour prendre des pauses », ajoute-t-il.

Un apprentissage accéléré

Malgré les difficultés, cette expérience est formatrice. « On apprend sur le terrain, on voit des cas qu'on n'aurait jamais vus en cours », estime Julie, externe à Bordeaux. Les compétences acquises, comme la gestion de crise et la communication avec les familles, seront précieuses pour leur future carrière.

Les facultés de médecine tentent d'adapter la formation. « On a mis en place des modules spécifiques sur la canicule », explique le professeur Durand, doyen de la faculté de médecine de Paris. Mais pour les étudiants, rien ne remplace l'expérience directe.

Des appels à mieux préparer les futurs médecins

Les syndicats étudiants réclament une meilleure préparation aux crises sanitaires. « Il faut intégrer des simulations de canicule dans le cursus », demande l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). Selon eux, la formation actuelle est trop théorique.

Le ministère de la Santé a annoncé une enveloppe de 10 millions d'euros pour équiper les hôpitaux en climatisation et former le personnel. Mais les externes restent sceptiques. « C'est bien, mais il faut aussi recruter plus de soignants », insiste Marie.

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