Santé Publique France a publié ce vendredi 3 juillet un premier bilan de la mortalité liée à la canicule de juin 2026, qui a frappé la France lors du mois de juin le plus chaud jamais enregistré. Selon les données de certification électronique des décès, 2 025 décès supplémentaires ont été recensés au cours de la semaine du 22 au 28 juin par rapport à la semaine précédente, soit une hausse de 29,1 %. Ce bilan, encore provisoire, intervient dans un contexte de tensions politiques, des écologistes ayant évoqué un risque de 10 000 morts, provoquant la colère du Premier ministre Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale.
Une hausse spectaculaire des décès à domicile
Les décès à domicile ont bondi de 91 % en une semaine, avec 605 décès supplémentaires par rapport à la semaine précédant la canicule. Cette augmentation est bien plus marquée que dans les Ehpad (+37 %, 402 décès supplémentaires) ou dans les établissements de santé (+19,7 %, 1 013 décès supplémentaires). Selon Santé Publique France, cette hausse est directement liée à l'épisode exceptionnel de chaleur.
Un impact fort chez les 45 ans et plus
La mortalité a augmenté de 29,7 % chez les personnes âgées de 45 ans ou plus, représentant 2 001 décès supplémentaires. Les données montrent que la canicule n'a pas épargné les tranches d'âge plus jeunes, même si les plus âgés restent les plus vulnérables.
Disparités régionales marquées
L'Île-de-France est la région la plus touchée, avec une hausse de 62,8 % (619 décès supplémentaires), suivie des Pays de la Loire (+62 %, 178 décès). La Normandie (+53,1 %), le Centre-Val de Loire (+47,3 %) et la Bretagne (+36 %) sont également durement affectés. En revanche, l'Occitanie et l'Auvergne-Rhône-Alpes ne présentent pas de hausse significative dans ces premières données.
Des chiffres probablement sous-estimés
Ces premiers chiffres doivent être interprétés avec prudence. La certification électronique des décès ne couvre qu'environ 60 % de la mortalité nationale, avec une couverture très inégale : près de 80 % dans les hôpitaux, 45 % dans les Ehpad et seulement 25 % à domicile. Ainsi, le bilan réel de la canicule est vraisemblablement sous-estimé. Un bilan complet de l'excès de mortalité, basé sur les données d'état civil consolidées, ne sera disponible que dans deux à trois semaines.



