À l'approche de la Coupe du Monde 2026, qui se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, une question revient : les pays hôtes bénéficient-ils d'un avantage significatif ? Une étude récente de l'Observatoire du football CIES (Centre international d'étude du sport) apporte des éléments de réponse.
Un avantage statistique confirmé
Selon les données analysées par le CIES, les pays organisateurs ont remporté 60 % de leurs matchs lors des Coupes du Monde qu'ils ont accueillies, contre une moyenne de 37 % lors des éditions à l'extérieur. Ce chiffre, basé sur les performances de 1930 à 2018, montre un net avantage. Par exemple, l'Uruguay en 1930, l'Italie en 1934, l'Angleterre en 1966, l'Allemagne en 1974, la France en 1998 et l'Afrique du Sud en 2010 ont tous atteint au moins les demi-finales.
Le facteur domicile : mythe ou réalité ?
L'étude précise que cet avantage est particulièrement marqué pour les nations considérées comme "moyennes" ou "petites" dans la hiérarchie mondiale. Les grandes nations, comme le Brésil ou l'Allemagne, voient leur taux de victoire augmenter de 10 à 15 points de pourcentage lorsqu'elles jouent à domicile. En revanche, pour les équipes moins bien classées, l'effet peut atteindre 30 points. Le CIES souligne que le soutien du public, la familiarité avec le climat et les infrastructures, ainsi que l'absence de déplacement, jouent un rôle clé.
Des exceptions notables
Cependant, tous les pays hôtes n'ont pas brillé. L'Afrique du Sud en 2010 n'a pas dépassé les phases de groupes, tout comme le Qatar en 2022. Le Brésil en 1950 a perdu en finale, tandis que la Suisse en 1954 et la Suède en 1958 ont été éliminées en quarts de finale. Ces contre-exemples montrent que l'avantage n'est pas automatique.
Vers 2026 : une triple organisation inédite
Pour la première fois, trois pays co-organiseront le tournoi. Les États-Unis, 11e au classement FIFA, le Canada, 47e, et le Mexique, 12e, auront des chances inégales. Le Mexique, qui a déjà organisé le tournoi en 1970 et 1986, pourrait tirer profit de son expérience. Selon le CIES, les États-Unis, grâce à leur puissance économique et leur infrastructure, pourraient atteindre les quarts de finale, tandis que le Canada, moins expérimenté, visera une place en huitièmes.
Impact sur le classement FIFA
L'étude montre également que les pays hôtes gagnent en moyenne 30 points au classement FIFA pendant l'année du tournoi, un effet qui s'estompe progressivement dans les deux années suivantes. Ce gain est particulièrement important pour les nations qui réalisent un parcours inattendu, comme le Costa Rica en 2014 (quart de finaliste).
Conclusion : un avantage réel mais nuancé
En somme, les pays organisateurs surperforment statistiquement, mais l'effet varie selon leur niveau initial et les circonstances. Pour 2026, le Mexique semble le mieux placé pour exploiter cet avantage, suivi des États-Unis, tandis que le Canada devra surmonter un déficit d'expérience. Reste à savoir si la co-organisation diluera ou renforcera cet effet de domicile.



