Face à l'inflation des coûts de construction et aux difficultés financières des établissements, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé le déblocage de six milliards d'euros d'aides à l'investissement d'ici à 2036 pour soutenir des projets hospitaliers dans les régions. Cette enveloppe supplémentaire s'ajoute aux 19 milliards d'euros déjà prévus par le plan Ségur de la santé sur la période 2021-2030.
Un contexte financier tendu
En 2021, suite à la crise sanitaire, le gouvernement avait annoncé un investissement de 19 milliards d'euros, dont 16 milliards pour la transformation des hôpitaux et trois milliards pour les Ehpad. Une partie de ces fonds a déjà été allouée à plus de 773 projets, dont 137 sont déjà finalisés, selon le ministère de la Santé. Cependant, la hausse des coûts de construction, l'évolution des taux d'intérêt et la fragilisation financière de nombreux établissements ont imposé une réaffirmation de la trajectoire de soutien aux investissements hospitaliers, a déclaré la ministre lors du Salon Santexpo, organisé par la Fédération des hôpitaux publics (FHF).
Un soutien prolongé jusqu'en 2036
Les six milliards d'euros seront investis par l'État pour soutenir les projets en régions sur la période 2026-2036, sanctuarisés par une instruction qui sera envoyée aux agences régionales de santé. Selon le cabinet de la ministre, l'effort total, incluant le plan Ségur, atteindra 22 milliards d'euros entre 2021 et 2036. Toutefois, les projets soutenus devront être soutenables, conditionnés à la mise en œuvre de mesures d'efficience pour garantir une bonne utilisation de l'argent public. Ces crédits pourront être attribués à des projets déjà en cours d'instruction ou nouveaux, à condition d'être intégrés dans des logiques de coopération ou de mutualisation des moyens entre établissements d'un même groupement hospitalier de territoire (GHT).
Des enveloppes recyclées
Cécile Chevance, responsable du pôle finances de la FHF, s'est réjouie de cette sanctuarisation et remobilisation de six milliards d'euros de crédits initialement provisionnés dans les anciens plans d'investissement Hôpital 2007 et Hôpital 2012, qui arrivaient à échéance et devaient disparaître. "C'est une très bonne nouvelle, on les recycle en quelque sorte", a-t-elle déclaré, ajoutant que cela complète les enveloppes du Ségur, devenues insuffisantes face à l'envolée des coûts. La FHF réclamait la sécurisation de ces crédits depuis plusieurs années. Les hôpitaux publics souffrent actuellement d'un déficit global estimé à environ 2,5 milliards d'euros en 2025.



