Gironde teste un détecteur d'incendie après les mégafeux de 2022
Gironde teste un détecteur d'incendie après les mégafeux

Marquée par les mégafeux de juillet 2022, la Gironde teste un nouveau détecteur d'incendie au cœur de ses forêts de pins. La commune de Landiras, traumatisée par l'incendie géant qui a brûlé ses forêts pendant une dizaine de jours, vient d'installer cet outil de prévention pour protéger son territoire.

Un traumatisme encore vif

Avec 20 000 hectares de forêt détruits en quelques jours, les mégafeux de juillet 2022 ont laissé des traces profondes sur la communauté de communes Convergence Garonne. « Ça a touché tout le monde, nous avons été évacués durant huit jours, je ne voudrais jamais revivre ça », se souvient Jean-Philippe Dulou, nouveau maire de Landiras (Gironde), après douze années au conseil municipal. Sur les zones incendiées, « il ne reste plus rien, il faudra 20 ans pour que la nature reprenne ses droits », déplore l’édile.

Un détecteur innovant

Soulagé d’accueillir dans sa commune, à 1 km de la forêt brûlée, le premier détecteur d’incendie mis au point par l’entreprise Sylviacare, le maire salue cette innovation. Le petit boîtier, discret et fonctionnant à l’énergie solaire, est accroché sur un pin à 3 mètres de hauteur, à 70 mètres de la route départementale, un point stratégique. « 90 % des incendies sont dus à l’activité humaine, un mégot oublié, un barbecue mal éteint, une bouteille en verre qui fait un effet loupe et chauffe la biomasse », rappelle Franck Gauthier, le fondateur et président de l’entreprise basée en Touraine.

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Un fonctionnement sous la canopée

Alors qu’« au niveau européen, on a déjà battu le record de surfaces brûlées en 2026 », cet ingénieur déplore « que les moyens de détection n’évoluent pas plus vite. » Avec son dispositif, en test pour un an à Landiras, il cherche à « détecter des feux, non pas en guettant les fumées à longue distance - souvent sources de fausse alerte et qui nécessite une levée de doute en allant sur place - mais plutôt sous la canopée, pour détecter les rayonnements infrarouges », résume l’inventeur.

Une alerte rapide pour les pompiers

En cas d’émissions de chaleur plus fortes que la normale, une alerte géolocalisée est envoyée aux pompiers, « et le dispositif transmet des images infrarouges pour pouvoir vérifier en temps réel », explique Jean-Philippe Dulou. Objectif ? « Intervenir le plus vite possible car chaque minute compte », rappelle Jean-Marc Depuydt, président de la CDC Convergence Garonne qui a soutenu le développement du détecteur, dans le cadre du projet européen Xylofutur. Pour lui, « ce nouvel outil de prévention permettrait de maintenir une activité économique et d’accueillir de nouveaux habitants, sans mettre sous cloche les territoires concernés par le risque incendie ».

Un coût modeste pour une grande protection

Le détecteur, breveté depuis 2021 en Europe et aux USA, est fabriqué à 100 % en Touraine, encore à titre expérimental avant des livraisons prévues d’ici 2027, pour un coût de « 4 à 10 euros/hectare ». « Un prix modeste pour préserver des plantations sylvicoles mais aussi des maisons et la biodiversité », souligne le maire de Landiras, qui espère que « les propriétaires forestiers se saisiront de cette invention » et continuera malgré tout la prévention auprès du grand public, « car un incendie se déclenche rarement tout seul. »

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