L'Église catholique critiquée pour son nouveau dispositif d'écoute des victimes de pédocriminalité
Église critiquée pour son dispositif d'écoute des victimes

Un profond recul dénoncé par les collectifs de victimes

Le nouveau dispositif présenté par l'Église catholique pour écouter et accompagner les victimes mineures de violences sexuelles représente un profond recul, selon plusieurs collectifs de victimes, professionnels et accompagnants. Dans une tribune publiée jeudi dans La Croix, ces groupes s'indignent ouvertement, affirmant que nous assistons aujourd'hui à un réel retour en arrière. Ils estiment que ce qui a été annoncé constituera une nouvelle violence pour les personnes victimes.

La fin de l'Inirr et l'arrivée du dispositif "Renaître"

Cette polémique survient une semaine après que la Conférence des évêques de France a dévoilé le dispositif "Renaître", chargé d'accueillir la parole des victimes de pédocriminalité au sein de l'Église et de les accompagner. Ce nouveau système prendra la suite de l'Inirr, l'instance nationale indépendante de réparation créée en 2021 par l'épiscopat français, qui arrive à échéance fin août.

À partir de septembre, les victimes devront saisir des cellules d'écoute dans les diocèses. Ces cellules les orienteront ensuite pour leurs démarches restauratives vers un réseau d'accompagnants, eux aussi situés dans les diocèses mais constitués en organisme national indépendant.

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Des critiques sévères sur la structure et le nom du dispositif

La tribune, initiée par Mélanie Debrabant, présidente de l'association Fraternité Victimes, estime que les évêques enterrent l'Inirr. Les collectifs signataires, dont Foi et Résilience, Agir pour notre Église, Ensemble en Vérité et Voix Libérées, soulignent plusieurs problèmes majeurs :

  • Accompagner le parcours de reconnaissance et de réparation nécessite des compétences que la majorité des diocèses ne pourront pas réunir
  • Demander à des personnes victimes de s'adresser à une cellule dépendante d'un évêque ne peut pas donner un cadre sécurisant

Les signataires jugent également dangereux le nom "Renaître" choisi pour ce dispositif. Ils s'interrogent : Faut-il entendre que la réparation serait comme une nouvelle naissance effaçant toute blessure ? Ils avertissent les évêques qu'ils auront à répondre de leur choix, car cela risque d'entraîner une victimisation secondaire qui sera tout aussi systémique, et tout aussi traumatique que la violence initiale.

Le contexte historique et les chiffres alarmants

L'Inirr avait été créée après le rapport de la Ciase en octobre 2021, qui estimait à 330.000 le nombre de mineurs victimes de violences sexuelles dans l'Église depuis 1950. Cette instance indépendante a reçu en quatre ans d'existence 1.789 demandes, démontrant l'ampleur du besoin d'accompagnement et de réparation.

Le passage d'une instance nationale indépendante à des structures diocésaines soulève donc des questions fondamentales sur la capacité de l'Église à offrir un cadre véritablement sécurisant et compétent pour les victimes de ces violences systémiques.

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