Alors qu’un arrêté de la préfecture maritime, publié dans les prochains jours, devrait interdire toute pratique de loisir de glisse – kite surf et planche à voile – sur le réputé site de l’étang d’Ingril à Frontignan, plus de 150 personnes, adhérents d’association ou pratiquants, se sont retrouvés sur place samedi 30 mai. Par cette manifestation, ils entendaient montrer leur attachement à une pratique remontant à 50 ans, ici, et leur volonté de trouver une solution de partage.
Une interdiction historique en préparation
Dans les prochains jours, on saura. Quand la Préfecture maritime finira de rédiger son arrêté sur les pratiques autorisées ou non sur l’étang d’Ingril à Frontignan. Selon les derniers échos, les précédentes réunions ou les discussions, on s’acheminerait vers une interdiction, pour le loisir, des sports de glisse historiques sur le site depuis une cinquantaine d’années : la planche à voile puis le kitesurf.
Un patrimoine menacé
"C’est le patrimoine de Frontignan qui s’en va", regrette Guillaume Pattard de l’association Entre mer et étang. "Une grande injustice" pour Florence. "Dommage que l’on nous prive de cette pratique", d’après Pascal. Ces trois personnes, en compagnie de plus de cent cinquante autres, se sont retrouvées samedi 30 mai sur le site de départ de l’étang d’Ingril pour manifester, à l’appel notamment de Thau Kite Club, leur désapprobation sur l’avenir qui voit s’amonceler des nuages noirs sur l’horizon.
Un conflit d’usage avec les pêcheurs locaux
"Aujourd’hui avec les filets de pêche, nous n’avons plus que 50 % de l’espace qui nous avait été attribué lors du dernier arrêté, explique Delphine Termignon, la présidente de TKC. On a donc lancé une pétition pour demander que notre espace soit de nouveau bien délimité et que tout le monde puisse évoluer en sécurité. Mais tout le monde l’a mal pris et les pêcheurs ont dit qu’on ne pouvait plus cohabiter." C’est donc pour éviter de perdre leur accès à ce spot réputé pour sa faible profondeur d’eau et son vent régulier que la mobilisation a été lancée ce samedi.
L’espoir d’un accord de dernière minute
"C’est dommage que ce soient les plus violents qui sont écoutés dans cette histoire", regrette Florence qui a assisté à des violences physiques entre un professionnel de l’étang et un pratiquant. "On nous dit que nous sommes de plus en plus nombreux sur le site alors que le parking a été divisé de moitié et qu’il y a désormais des plages horaires où la pratique est permise, rajoute Delphine. En outre, une étude a montré que nous n’avons aucune incidence sur la flore et la faune de l’étang." Bref chacun espère qu’un partage de la surface – "on ne demande que 10 % de l’étang" glisse un intervenant – puisse encore être possible. Une réunion avec le maire de Frontignan est programmée lundi. Dernière occasion pour faire kite ou double.



