Dans un entretien accordé au Point, l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve évoque sa relation complexe avec la spiritualité. Il déclare : « La spiritualité me questionne, mais je me tiens à distance des églises. » Cette réflexion intervient alors que l'homme politique de 58 ans publie un ouvrage où il aborde des thèmes personnels et philosophiques.
Une spiritualité personnelle et distante
Bernard Cazeneuve précise que son questionnement spirituel ne le conduit pas vers les institutions religieuses. « Je ne suis pas croyant au sens traditionnel, mais je suis habité par une certaine forme de spiritualité », explique-t-il. Il ajoute que cette distance avec les églises est le fruit d'une réflexion personnelle, nourrie par ses lectures et son parcours.
L'ancien locataire de Matignon insiste sur le fait que sa position n'est pas un rejet de la religion, mais plutôt une quête individuelle. « Je respecte profondément ceux qui croient, mais je ne peux pas adhérer à un dogme », souligne-t-il. Cette déclaration fait écho à son éducation catholique, qu'il décrit comme « une base, mais pas une contrainte ».
Un livre témoignage
Ces confidences sont extraites de son dernier livre, Ce que je crois, où il explore ses valeurs et ses convictions. L'ouvrage, qui paraît ce mois-ci, aborde également des sujets politiques et sociétaux. Cazeneuve y revient sur son engagement socialiste et son attachement à la laïcité, qu'il considère comme « un pilier de la République ».
Interrogé sur la place de la spiritualité en politique, il estime que « les hommes politiques devraient pouvoir exprimer leurs questionnements sans être catalogués ». Il regrette que le débat public soit souvent polarisé entre croyants et athées, alors que « la majorité des Français se situe dans un entre-deux ».
Selon un sondage récent de l'Ifop, 48% des Français se déclarent sans religion, tandis que 42% se disent catholiques, dont seulement 8% pratiquants réguliers. Ces chiffres illustrent, selon Cazeneuve, la diversité des rapports à la spiritualité dans la société française.
Un parcours marqué par la laïcité
Ancien ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve a souvent défendu une laïcité stricte. Il rappelle que « la laïcité n'est pas une opinion, c'est la liberté de croire ou de ne pas croire ». Pour lui, cette position est compatible avec un questionnement spirituel personnel.
Il conclut sur une note d'humilité : « Je n'ai pas de réponses toutes faites. La spiritualité est un chemin, pas une destination. »



