La cour d'appel de Paris rend ce mardi 7 juillet 2026 une décision déterminante pour l'élection présidentielle de 2027 en se prononçant dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Condamnée en première instance à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, Marine Le Pen joue son avenir politique : une confirmation de cette peine compromettrait sa quatrième candidature à l'Élysée, alors que le Rassemblement national domine les intentions de vote.
Une condamnation en première instance lourde de conséquences
En première instance, Marine Le Pen a été condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate pour détournement de fonds du Parlement européen. Elle avait également écopé de quatre ans de prison, dont deux ans ferme sous surveillance électronique. La patronne du RN avait été reconnue coupable d'avoir mis en place un « système » entre 2004 et 2016 pour payer des salariés du parti avec l'argent du Parlement européen. Le tribunal correctionnel avait établi le préjudice à 3,2 millions d'euros, après déduction de 1,1 million déjà remboursé par une partie des prévenus.
Les scénarios possibles pour Marine Le Pen
Si la cour confirme la peine d'inéligibilité de cinq ans, Marine Le Pen ne pourra pas se présenter au scrutin des 18 avril et 2 mai 2027. Elle devrait alors céder la place à Jordan Bardella, 30 ans, qui deviendrait le candidat du RN. Si la cour réduit l'inéligibilité à deux ans ou moins, Marine Le Pen pourrait être éligible au jour du premier tour. Toutefois, elle a estimé qu'il ne lui serait « pas possible » de faire campagne avec un bracelet électronique, auquel elle a été condamnée en première instance. « S'il s'agit de m'autoriser à être candidate, mais de m'empêcher en réalité de mener une campagne tout à fait librement, vous entendez bien que ça ne sera pas possible », a déclaré la députée de 57 ans.
L'unité affichée avec Jordan Bardella
Marine Le Pen et Jordan Bardella ont affiché ce samedi 4 juillet 2026 leur unité, réaffirmant mutuellement leur soutien, à trois jours de la décision. Marine Le Pen a évoqué une décision de justice « importante parce qu'elle peut venir contrecarrer le fonctionnement démocratique de notre pays ». Elle a aussi assuré qu'elle soutiendrait « tous les jours » Jordan Bardella « avec énergie, confiance et conviction » si celui-ci venait à être le candidat du RN. « Nous ne nous découragerons jamais », a également lancé Marine Le Pen.
Les débats en appel
Les trois magistrats de la cour d'appel de Paris, présidée par Michèle Agi, ont eu près de cinq mois pour répondre à deux questions principales. La première : Marine Le Pen est-elle coupable d'avoir détourné des fonds publics en faisant embaucher par les eurodéputés de son parti des assistants, payés par le Parlement européen, dont les activités n'étaient en fait qu'au seul bénéfice du parti ? Les nouveaux débats ont mis en évidence l'absence ou, au mieux, la grande indigence des preuves de tâches d'assistants parlementaires réellement exécutées.
La deuxième interrogation porte sur le caractère « systémique » du procédé litigieux. Marine Le Pen a protesté trois semaines durant de sa « bonne foi », rejetant toute idée de « système ». À l'audience, les deux avocats généraux ont fustigé une « organisation », d'abord décrite comme « artisanale » lors de sa mise en œuvre par Jean-Marie Le Pen en 2004, puis « professionnalisée » à partir de 2012 par sa fille, qui lui avait succédé un an plus tôt à la tête du parti.
Les réquisitions et l'impact politique
Au terme de leur réquisitoire, les avocats généraux avaient répondu implicitement à la question principale de ce procès : Marine Le Pen doit-elle pouvoir se présenter en 2027 ? Non, en l'espèce, en réclamant cinq ans d'inéligibilité, quatre ans d'emprisonnement dont trois avec sursis, la partie ferme pouvant s'aménager sous bracelet électronique. La décision de la cour d'appel est attendue avec une attention particulière, alors que l'extrême droite caracole en tête des sondages après une décennie de macronisme.



