Une croissance notable des baptêmes d'adultes dans le Lot-et-Garonne
Depuis trois années consécutives, le nombre de catéchumènes, ces adultes qui choisissent de recevoir le baptême, connaît une augmentation significative. Dans le département du Lot-et-Garonne, près de soixante-dix personnes s'apprêtent à vivre ce sacrement ce samedi 4 avril, témoignant d'un mouvement spirituel profond.
Des parcours personnels vers la foi
Parmi ces futurs baptisés, Laurent, ancien militaire parachutiste, raconte son cheminement. « Saint-Michel est notre patron et, durant ma carrière, il m'a toujours plutôt bien protégé… » confie-t-il. Cependant, sa foi ne découle pas directement de son expérience militaire. Ayant fréquenté une école privée dans sa jeunesse, il avait perdu le fil de sa pratique religieuse au fil des années.
Un grave accident de VTT en 2013, où il subit des polytraumatismes et des vertèbres cassées, marque un tournant. « Mais je ne fais que trois mois d'hôpital. Le neurochirurgien qui me soignait m'a dit que j'avais une bonne étoile. » Cette expérience constitue son premier pas vers le baptême. C'est finalement le jour de son anniversaire, le 31 octobre 2024, que son parrain, également militaire, l'encourage à franchir le pas.
L'accompagnement des catéchumènes
Marc Mondot, sacristain de l'église du Sacré-Cœur à Agen, prépare les adultes au baptême depuis une dizaine d'années. « À chaque fois que je rencontre un futur catéchumène, je lui demande ce qui l'amène vers la foi », explique-t-il. « Il y a ceux qui ressentent un appel, ceux qui ont vécu des moments difficiles. À chaque fois, ce sont de belles histoires, de belles rencontres. »
Lui-même a connu ce qu'il nomme « une reconversion ». Ancien militaire des forces spéciales, il avait mis sa foi de côté pendant quinze ans. « J'étais un guerrier », se souvient-il. Un voyage en avion vers sa Guadeloupe natale provoque en lui un appel spirituel qu'il décide de suivre, l'amenant à s'installer d'abord à Senlis dans l'Oise, puis à devenir sacristain à Agen.
L'influence des réseaux sociaux et le profil des catéchumènes
Un phénomène nouveau apparaît ces dernières années : l'influence croissante de personnalités catholiques sur les réseaux sociaux, comme le frère Paul-Adrien, dominicain. « Cela entre en ligne de compte pour les jeunes adultes qui veulent se faire baptiser », observe Marc Mondot.
Les statistiques nationales révèlent que les catéchumènes sont majoritairement des jeunes adultes : 42% ont entre 18 et 25 ans, 40% entre 26 et 40 ans, avec une prédominance féminine (62%). « C'est un choix pour eux, ils ont souvent déjà exploré des voies plus ou moins ésotériques et se sont trouvés dans l'Église », analyse le sacristain.
Un engagement long et réfléchi
La préparation au baptême pour les adultes s'étale sur deux années complètes. « Bien sûr, il y a quelques personnes qui arrêtent. Mais c'est rare », précise Marc Mondot. Après le baptême, une année supplémentaire de néophytat permet de poursuivre la réflexion spirituelle.
Le parcours comprend des moments solennels comme « l'appel décisif » le premier dimanche du Carême, suivi de trois « scrutins », décrits par l'Église catholique en France comme « le discernement entre la lumière et les ténèbres ».
Une tendance nationale confirmée
À l'échelle nationale, les chiffres sont éloquents : le nombre de catéchumènes est passé de 3 639 en 2021 à 13 234 cette année, soit une multiplication par plus de trois en cinq ans. Beaucoup évoquent les périodes de confinement et d'isolement comme catalyseurs de leur réflexion spirituelle.
Dans le Lot-et-Garonne, plus de soixante catéchumènes recevront le baptême lors de la Vigile Pascale. Un contraste marqué avec 2016, où seulement deux personnes avaient été baptisées à la cathédrale d'Agen.
La vie après le baptême
Laurent, qui attend son baptême avec impatience, n'a pas attendu le sacrement pour s'engager. Membre de l'Ordre de Malte, il participe chaque dimanche à la préparation du petit-déjeuner pour les personnes fragiles au Pin, avant d'assister à la messe au Sacré-Cœur. « Depuis le début du Carême, nous vivons des moments très forts », témoigne-t-il, anticipant déjà la poursuite de son engagement spirituel après Pâques.



