Des enfants arrachés à leur famille et placés à l'aide sociale à l'enfance en raison d'alertes inappropriées des services sociaux, de centres médico-sociaux ou de l'Éducation nationale. De jeunes autistes mis sous « camisole chimique » dans les institutions qui les accueillent, faute de personnel formé à la prise en charge de leur trouble. Des parents encore contraints d'envoyer leurs enfants en Belgique par manque de places d'accueil en France. D'influents professeurs de pédopsychiatrie qui défendent encore le packing, cette pratique illégale consistant à envelopper les enfants dans des draps humides et froids, dénoncée par l'ONU comme de la maltraitance. Voilà, en 2026, la réalité de la prise en charge de l'autisme en France.
Un constat alarmant malgré les progrès
Malgré les condamnations répétées de la France, les réformes engagées ces dix dernières années et les progrès réalisés, le constat dressé par les députés Isabelle Santiago et Philippe Fait dans leur rapport d'information publié aujourd'hui au nom de la délégation aux droits de l'enfant de l'Assemblée nationale reste affolant. « Ce rapport est d'abord un rapport sur le temps perdu, pour les familles confrontées à l'errance diagnostique, pour les enfants privés d'accompagnements adaptés, mais aussi pour notre pays qui a trop longtemps retardé l'application des connaissances scientifiques et des bonnes pratiques internationales », résume Philippe Fait en introduction du document.
Des pratiques illégales toujours en vigueur
Le rapport pointe notamment la persistance de pratiques comme le packing, pourtant interdit, et l'usage excessif de neuroleptiques pour calmer les enfants autistes, faute de solutions éducatives adaptées. Les députés appellent à une formation obligatoire de tous les personnels intervenant auprès des enfants autistes, ainsi qu'à un renforcement des contrôles dans les institutions.
Un manque criant de places d'accueil
La situation est également critique en matière d'accueil : des centaines d'enfants sont encore envoyés en Belgique chaque année, faute de places en France. Le rapport préconise la création de 1 500 places supplémentaires en établissements spécialisés et le développement de solutions inclusives en milieu ordinaire.
Les députés insistent sur l'urgence d'agir : « Chaque année perdue, c'est une génération d'enfants autistes sacrifiée. » Ils appellent à un plan d'action national avec des objectifs chiffrés et un suivi annuel.



