Trois Marseillais condamnés pour le vol de singes écureuils au zoo de La Londe
Vol de singes écureuils : trois Marseillais condamnés

Le tribunal correctionnel de Toulon a jugé ce mercredi trois hommes originaires de Marseille pour le vol de seize singes écureuils au jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures, survenu dans la nuit du 26 au 27 janvier 2024. Sur les seize primates dérobés, seuls cinq ont été retrouvés à ce jour.

Des faits commis en janvier 2024

Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2024, seize petits primates appelés « singes écureuils » ont été volés au jardin zoologique tropical de La Londe-les-Maures. Le grillage de clôture a été plié et la porte fracturée. Depuis le vol, les animaux étaient mis en vente au marché noir sur les réseaux sociaux, avec un prix variant entre 2 500 et 3 000 euros par tête.

Les trois prévenus adoptent des positions différentes

Les trois prévenus, tous originaires de la cité marseillaise de La Sauvagère, ont adopté des stratégies de défense distinctes lors de l'audience. Le propriétaire de la voiture utilisée cette nuit-là a reconnu les faits, affirmant avoir agi seul. Cependant, les vidéos de surveillance montrent au moins cinq personnes descendant de son véhicule, une BMW. Le président du tribunal, Philippe Plantard, a souligné cette contradiction. Le conducteur, après s'être emmêlé dans ses déclarations, a finalement admis être parti à plusieurs, mais a refusé de donner les noms de ses complices. Il s'est présenté comme « un amoureux des animaux », déclarant : « ça me faisait de la peine de savoir des singes en cage. » Cette affirmation a provoqué la réaction de Me Séverine Dauzon, partie civile, qui a rétorqué : « Vous pensez qu'ils étaient mieux dans le coffre d'une voiture puis dans une cave à Marseille ? »

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Son cousin germain a également reconnu les faits, mais a assuré avoir été contraint et menacé. Il a expliqué avoir une dette envers un homme à cause d'un accident de voiture, et avoir été forcé de participer au vol sous la menace de représailles contre sa famille. Il a exprimé des regrets, se disant « traumatisé d'avoir fait ça ».

Le troisième prévenu, âgé d'une trentaine d'années, a fermement contesté les faits tout au long de l'audience. Il a affirmé n'avoir rien à voir avec l'affaire, expliquant que son téléphone avait borné à La Londe parce qu'il l'avait oublié la veille dans la voiture sur laquelle il effectuait des réparations. Cependant, le tribunal a relevé plusieurs incohérences, notamment la publication sur son compte Snapchat de vidéos des singes dans une cave avec la mention « à vendre ». Le mis en cause a tenté de se justifier en disant qu'il était entré par hasard dans la cave, accessible à tous, et qu'il avait « snapé » sans réfléchir, ajoutant la mention « à vendre » pour faire le buzz, ignorant que les singes étaient volés. Le juge s'est étonné qu'il n'ait pas trouvé suspect de voir des singes à cet endroit et n'ait pas donné l'alerte.

Les réquisitions et la défense

Me Séverine Dauzon, représentant le jardin zoologique tropical, a insisté sur « la cruauté des actes commis envers ces animaux », soulignant le traumatisme subi et le faible espoir de retrouver les singes disparus. Les avocats des deux cousins, Mes Jean-Baptiste de Gubernatis et Dominique Martinez, ont plaidé la « complexité des environnements familiaux » de leurs clients et leur évolution depuis les faits, qualifiant l'acte d'« erreur de jeunesse ». Ils ont souligné que la détention les avait changés et qu'ils n'avaient plus fait parler d'eux. Me Julien Anton, avocat du troisième homme, a dénoncé l'absence d'éléments tangibles et plaidé la relaxe, arguant que le fait qu'un téléphone fasse un trajet ne prouvait rien.

La condamnation

Le tribunal a condamné les trois hommes à trois ans de prison, dont 18 mois assortis d'un sursis probatoire de deux ans. Ils ont également reçu l'interdiction de paraître à La Londe pendant cinq ans et devront indemniser le jardin zoologique. Cette décision est en partie conforme aux réquisitions du ministère public, qui demandait en outre une amende de 10 000 euros chacun.

Les singes toujours disparus

La question du sort des singes non retrouvés reste sans réponse. Seuls cinq des seize primates ont été récupérés, et les autorités craignent que les autres n'aient pas survécu.

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