Planning familial de Montpellier : un appel aux dons réussi, mais des inquiétudes demeurent
Le Planning familial de Montpellier a lancé, mi-mai, un appel aux dons qui lui a permis de collecter 20 000 euros. Cette mobilisation collective rassurante n’ôte toutefois pas les inquiétudes autour de la fragilité financière de l’association, dont le rôle est essentiel pour défendre le droit à l’IVG et promouvoir l’éducation à la sexualité.
Le 13 mai dernier, le Planning familial de l’Hérault lançait sur les réseaux sociaux un appel aux dons. L’objectif était de recueillir rapidement 20 000 euros afin de compenser une partie de son déficit, évalué à environ 50 000 euros, synonyme de placement en redressement judiciaire. La somme a été collectée en deux semaines environ, grâce à une mobilisation citoyenne immédiate.
Cette mobilisation a été accueillie avec satisfaction par les équipes de l’association, mais elle ne balaie pas toutes les inquiétudes sur la fragilité financière de la structure. Le Planning familial est essentiel dans les actions pour la défense du droit à l’avortement, son accueil inconditionnel et son accompagnement gratuit des personnes dans un cadre médical.
« Ce n’est pas suffisant, cela rembourse une partie importante, on n’est plus dans le rouge mais il nous reste environ 20 000 euros à avoir. On n’imaginait pas qu’autant de gens donneraient. Dorénavant, il faut aller du côté des subventions », précise Mia Ferret, administratrice et vice-présidente du Planning familial.
3 000 personnes accueillies chaque année
Le Planning familial de l’Hérault s’appuie sur une équipe de 14 salariés, dont deux médecins, deux sages-femmes ainsi que des animateurs de prévention. Ses deux antennes accueillent environ 3 000 personnes par an. « Dont un tiers est des jeunes de moins de 25 ans, qui ne seraient pas forcément allés à l’hôpital », note Mia Ferret. « On a un accueil inconditionnel, global, gratuit avec une approche féministe. »
Réunion prochaine en mairie
Avec le conseil d’administration, la volonté est de trouver des solutions pérennes avec les différents partenaires. « Il faut essayer que ça ne se reproduise pas. Que l’on n’attende pas 50 000 euros supplémentaires chaque année. Les trois pistes ce sont les dons réguliers, le mécénat et les subventions. »
Une réunion avec le premier adjoint de la ville, Sébastien Cote, est programmée le 9 juin prochain. « La mairie n’a pas baissé sa subvention mais le Département l’a fait. On va essayer d’avoir un contact avec ces élus. On a aussi un problème de financement par projet, qui n’est pas pérenne, chaque année on doit relancer les demandes. Il y a aussi des délais pour obtenir les subventions », ajoute Mia Ferret.
Le Planning familial dispose actuellement de deux locaux, l’un boulevard Rabelais et l’autre rue de Substantion aux Beaux-Arts. Ses responsables souhaitent également mener une réflexion sur ces implantations et envisagent un éventuel rapprochement avec l’antenne montpelliéraine du CIDFF (centre d’information sur les droits des femmes et des familles). La cagnotte en ligne reste ouverte sur helloasso.



