Le Conseil national de lutte contre la pauvreté (CNLE) a officiellement demandé au gouvernement de retirer son projet d'Allocation de solidarité unifiée (ASU). Dans un avis rendu public ce vendredi, l'instance indépendante estime que la réforme, telle qu'elle est présentée, ne répond pas aux objectifs de lutte contre la pauvreté et risque même d'aggraver la précarité de nombreux bénéficiaires.
Un projet jugé insuffisant
Le CNLE pointe plusieurs lacunes majeures dans le dispositif proposé par l'exécutif. Selon l'instance, le montant de l'ASU, fixé à 500 euros par mois, est trop bas pour permettre une sortie durable de la pauvreté. De plus, les conditions d'accès, notamment le critère de résidence de cinq ans, excluraient une partie des personnes les plus vulnérables, comme les jeunes ou les étrangers en situation régulière.
Des conséquences redoutées
Les membres du CNLE s'inquiètent également des effets de l'ASU sur les autres dispositifs de solidarité. La fusion du Revenu de solidarité active (RSA), de l'Aide personnalisée au logement (APL) et de la Prime d'activité pourrait entraîner une baisse des droits pour certains foyers. Selon les simulations, près de 30 % des ménages actuellement bénéficiaires verraient leurs revenus diminuer.
Dans son avis, le Conseil recommande de revoir en profondeur le projet, en augmentant le montant de l'allocation et en assouplissant les critères d'éligibilité. Il suggère également de maintenir les aides existantes en attendant une évaluation plus fine des impacts.
La réaction du gouvernement
Le ministère des Solidarités a pris acte de cet avis, mais n'a pas annoncé de modifications immédiates. Dans un communiqué, le gouvernement réaffirme sa volonté de simplifier le système de protection sociale et de lutter contre le non-recours aux droits. Il précise que le projet sera soumis au Parlement dans les prochaines semaines, après une phase de concertation.
Les associations de lutte contre la pauvreté, comme le Secours catholique ou ATD Quart Monde, ont salué la position du CNLE. Elles appellent les parlementaires à ne pas voter le texte en l'état et à exiger des améliorations substantielles.
Le débat sur l'ASU promet d'être vif dans les semaines à venir, alors que le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté continue d'augmenter en France.



