La bande dessinée de François Ruffin, intitulée « Picardie Splendor », publiée début mai, suscite une vive polémique. Le candidat à la présidentielle a reconnu mardi que certaines planches pouvaient « blesser », alors qu'il est accusé de racisme et de paternalisme, notamment par son ancien mouvement, La France insoumise.
Une séquence au cœur de la controverse
Dans cet ouvrage paru aux éditions Les Arènes, une séquence en particulier a déclenché les critiques. On y voit le député de la Somme, dessiné en costume, dans un train, assister à la verbalisation d'une femme noire très énervée. Celle-ci estime que la personne qui lui a vendu son ticket a commis une erreur, et non qu'elle a fraudé. Un passager d'origine maghrébine prend sa défense lorsque les contrôleurs se mettent à la tutoyer. Lui aussi est tutoyé et menacé d'expulsion. François Ruffin intervient alors pour régler l'amende de onze euros, tout en appelant au respect mutuel. Sur la dernière image, il bombe le torse face au passager maghrébin, la tête inclinée.
Des accusations de racisme systémique
La bande dessinée a enflammé les réseaux sociaux, où elle est qualifiée de « condensé de clichés racistes ». La députée LFI Nadège Abomangoli, vice-présidente de l'Assemblée nationale, a réagi sur Twitter en dénonçant une « NouvellePhotoDeProfil de femme noire à domestiquer ». Danièle Simonnet, députée écologiste, a estimé que Ruffin « confirme qu'il ne comprend pas le racisme systémique ».
Les explications de François Ruffin
Dans un entretien au quotidien Libération, François Ruffin a affirmé avoir voulu faire de cette BD une « œuvre d'humanité ». Il a toutefois reconnu « ne pas se reconnaître dans une planche », celle du train, et a admis que ces images pouvaient blesser. Il a précisé : « Mon antiracisme est un peu estampillé années 1990, Blacks, blancs, beurs et ça transpire sans doute dans la BD. » Il a ajouté : « Est-ce que ça fait de moi un raciste ? Non. Au contraire, c'est le message de la BD : parmi les fractures à résorber dans notre pays, il y a la précarité, l'angoisse de l'avenir, et bien sûr le racisme. »



