La cour d'appel de Paris a rejeté ce mardi la requête de Rachida Dati, qui cherchait à faire annuler son procès pour corruption présumée dans le cadre de l'affaire Renault. L'ancienne garde des Sceaux et actuelle maire du 7e arrondissement de Paris est soupçonnée d'avoir bénéficié de faveurs de la part du constructeur automobile en échange de son soutien politique.
Une décision attendue
Cette décision était très attendue, car elle conditionnait la tenue du procès prévu pour septembre prochain. Les avocats de Rachida Dati avaient plaidé la nullité de la procédure, arguant que les investigations avaient été menées de manière irrégulière. Ils estimaient notamment que les écoutes téléphoniques et les perquisitions réalisées étaient disproportionnées par rapport aux faits reprochés.
Les accusations portées contre l'élue
Rachida Dati est accusée d'avoir perçu, entre 2008 et 2010, des avantages indus de la part de Renault, alors qu'elle était ministre de la Justice. En retour, elle aurait usé de son influence pour favoriser les intérêts du groupe dans des dossiers sensibles, notamment des litiges commerciaux et des questions de régulation. Les enquêteurs ont mis en lumière des rencontres et des échanges téléphoniques suspects entre l'élue et des dirigeants de Renault.
L'affaire avait éclaté en 2019, suite à des révélations de la presse, et avait conduit à l'ouverture d'une information judiciaire pour corruption passive et trafic d'influence. Rachida Dati a toujours nié les faits, affirmant que ses relations avec Renault étaient normales et transparentes.
Les réactions après le rejet
À l'annonce du rejet de sa requête, Rachida Dati a exprimé sa déception, tout en réaffirmant son innocence. « Je suis sereine et déterminée à me défendre devant les juges. Cette décision ne préjuge en rien du fond de l'affaire. » a-t-elle déclaré à la sortie de l'audience. Ses avocats ont annoncé qu'ils étudiaient la possibilité de former un pourvoi en cassation, ce qui pourrait retarder le procès.
De leur côté, les parties civiles, dont l'association Anticor, se sont félicitées de cette décision. « C'est une victoire pour la justice et la transparence. Le procès pourra avoir lieu sereinement. » a commenté Me Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor.
Les implications politiques
Cette affaire a des répercussions politiques importantes pour Rachida Dati, figure de la droite parisienne. Candidate potentielle à la mairie de Paris en 2026, elle voit son image écornée par ces accusations. Certains analystes estiment que ce procès pourrait compromettre ses ambitions électorales. Cependant, ses soutiens restent fidèles et dénoncent une instrumentalisation de la justice.
Le procès, qui devrait durer plusieurs semaines, examinera également les responsabilités d'autres protagonistes, dont d'anciens cadres de Renault. La défense de Rachida Dati compte démontrer que les avantages qu'elle a reçus étaient des cadeaux protocolaires, courants dans les relations entre politiques et entreprises.
Les prochaines étapes judiciaires
Si le pourvoi en cassation est rejeté, le procès se tiendra comme prévu en septembre. Les juges devront déterminer si les éléments recueillis par l'enquête sont suffisants pour établir la culpabilité de l'élue. En cas de condamnation, Rachida Dati encourt jusqu'à dix ans de prison et 150 000 euros d'amende. Elle pourrait également être déclarée inéligible.
Cette affaire s'ajoute à une série de procès médiatiques impliquant des personnalités politiques françaises, renforçant le débat sur la moralisation de la vie publique. Le procès de Rachida Dati sera suivi de près, tant pour ses implications judiciaires que politiques.



