Un revers judiciaire pour le père de la star
Le père d'Amy Winehouse, Mitch Winehouse, a subi un échec retentissant devant la justice britannique. Lundi 20 avril 2026, la Haute Cour de Londres a rejeté sa plainte contre deux proches amies de la chanteuse décédée, Naomi Parry et Catriona Gourlay, qu'il accusait d'avoir indûment vendu des effets personnels appartenant à sa fille.
Des accusations de vente illicite
Mitch Winehouse avait engagé des poursuites judiciaires, estimant que les deux femmes avaient profité de leur relation avec Amy pour organiser, entre novembre 2021 et mai 2023, la vente aux enchères d'environ 150 vêtements et accessoires ayant appartenu à la star. Parmi les objets mis en vente figuraient notamment un sac Armani noir, des robes portées lors de la dernière tournée de la chanteuse en juin 2011, ainsi que des boucles d'oreilles.
Le père de la défunte artiste soutenait que les recettes de ces ventes, initialement évaluées à 840 000 euros par le tribunal puis révisées à 1,1 million d'euros, auraient dû lui revenir. Il affirmait qu'un tiers de cette somme devait être reversé à la Fondation Amy Winehouse, une organisation caritative créée pour venir en aide aux jeunes.
Un jugement sans appel
La juge adjointe Sarah Clarke, de la Haute Cour de Londres, a rendu un verdict sans équivoque. « Je considère que ni madame Parry ni madame Gourlay n'ont délibérément caché au demandeur les objets en litige », a-t-elle déclaré dans son jugement. La magistrate a ajouté que même si elle se trompait sur ce point, Mitch Winehouse aurait pu découvrir ces ventes « en faisant preuve d'une diligence raisonnable ».
La juge a également souligné « l'amitié de longue date » qui unissait Amy Winehouse aux deux femmes, un élément qui a pesé dans sa décision. Cette relation privilégiée remettait en question la notion de vente illicite avancée par le père de la chanteuse.
Des versions contradictoires lors du procès
Lors des audiences qui se sont tenues fin janvier 2026, les avocats des deux parties ont présenté des récits radicalement différents. Henry Legge, l'avocat de Mitch Winehouse, a soutenu que son client avait bien été informé de la vente, mais que celle-ci ne concernait que « quelques petites choses », une description qu'il a qualifiée de « grossièrement trompeuse ».
Pour l'avocat, les deux femmes ont simplement « profité » de la situation. En réponse, Ted Loveday, l'avocat de Catriona Gourlay, a rétorqué que la plupart des objets avaient été donnés ou prêtés aux deux femmes par Amy Winehouse elle-même, même s'il reconnaissait l'absence de preuves formelles.
Un écart de richesse mis en lumière
L'avocate de Naomi Parry, Beth Grossman, a pour sa part attiré l'attention sur le déséquilibre financier entre les parties. Elle a souligné que Mitch Winehouse avait reconnu être multimillionnaire grâce à l'héritage de sa fille, tandis que les deux jeunes femmes ne disposaient pas des mêmes ressources.
Dans un communiqué diffusé par ses avocats lundi, Naomi Parry s'est félicitée du jugement, affirmant qu'il « rétablit la vérité ». « J'étais aux côtés d'Amy en tant qu'amie, partenaire créative et costumière. Ce que nous partagions reposait sur la confiance, la loyauté et un véritable amour du travail », a-t-elle déclaré.
Le souvenir d'une icône musicale
Amy Winehouse, célèbre pour sa voix soul inimitable, son style de pin-up tatouée et sa vie mouvementée, est décédée le 23 juillet 2011 des suites d'une consommation excessive d'alcool. Sa carrière météorique, marquée par des succès internationaux, a laissé un héritage musical considérable, mais aussi des tensions autour de sa succession.
Ce procès illustre les difficultés qui peuvent surgir après le décès d'une personnalité publique, lorsque des proches s'opposent sur la gestion de ses biens et de sa mémoire. Le jugement de la Haute Cour de Londres met un terme, au moins provisoire, à ce conflit familial et amical qui a duré plusieurs années.



