L'Union Bordeaux-Bègles s'offre Albi en finale et accède au Top 14
UBB bat Albi en finale et monte en Top 14

L'Union Bordeaux-Bègles triomphe d'Albi et s'envole vers le Top 14

Boostée par son exploit en demi-finale à Grenoble et par le soutien massif de ses supporters à Armandie, l'Union Bordeaux-Bègles s'est imposée face à Albi (21-14) en finale d'accession, décrochant ainsi son précieux billet pour le Top 14. Cette victoire historique marque un tournant majeur pour le club girondin, propulsé dans une nouvelle dimension après des années d'efforts.

Une préparation sous haute tension à Moga

L'exploit réalisé en demi-finale à Grenoble (12-19) a véritablement transformé l'ambiance au sein de l'UBB. Durant la semaine de préparation de la finale face à Albi, une effervescence palpable régnait au centre d'entraînement de Moga. « Avant, on ne voyait que la presse locale et spécialisée. Mais là, toutes les télés arrivaient, la presse nationale… J'avais peur que les joueurs se laissent absorber par tout ça et ne préparent pas bien le match », confie le manager Marc Delpoux. « Mais c'était la seule crainte car cette équipe dégageait une telle sérénité, une telle force… Franchement, on savait où on allait, il ne pouvait pas nous arriver grand-chose ».

Malgré cette confiance affichée, l'UBB conservait l'étiquette d'outsider face à Albi, une équipe redoutable :

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  • Invincible sur une série de 5 matches en phase finale de Pro D2.
  • Présente de bout en bout sur le podium de la division, dont 17 fois en première place.
  • 18 de ses 23 joueurs avaient déjà connu le Top 14 depuis 2008.

Pourtant, les Girondins ne nourrissaient aucun complexe, s'appuyant sur leur victoire écrasante au match aller (47-9) et leur défaite au retour (27-8) pour affiner leur stratégie.

Des tensions avant la finale et une motivation renforcée

Après la défaite dans le Tarn, des tensions sont apparues dans les couloirs des vestiaires. Laurent Marti raconte : « Henry Broncan (manager d'Albi) passe et je l'entends dire : 'Nous, au moins, on ne joue pas qu'avec des étrangers'. Ça s'enflamme un peu. Je lui dis : On va peut-être se retrouver et je me souviendrai de votre phrase. Avant la finale, on a su le rappeler aux joueurs. Pour les Albigeois, nous étions une équipe de mercenaires. Pour moi, nous étions un club avec des mecs de qualité qui donnaient l'impression d'être tous nés à Bègles ».

Dans son discours d'avant-match, le capitaine Matthew Clarkin a enflammé ses troupes. « Il nous dit qu'on s'en fout d'où on vient, ce qui est important, c'est de savoir où on va ensemble. On était comme des Écossais devant William Wallace, on était prêts pour tout », souligne le troisième ligne Hugh Chalmers.

Une finale électrique à Agen et une victoire méritée

Cette fois, l'UBB jouait sur terrain neutre, à Agen. Les tribunes d'Armandie comptaient 5 000 supporters girondins et autant d'Albigeois, créant une ambiance de feu. « C'est la première fois de ma vie que j'ai vu un stade partagé en deux couleurs : jaune et bordeaux. C'était extraordinaire », assure le demi de mêlée Heini Adams.

À la mi-temps, les Girondins étaient menés 11-9 suite à un essai de Van der Westhuyzen juste avant la pause. Mais ils restaient dans le match, grâce à la réussite de Fraser qui a passé 3 pénalités des 50 mètres. En seconde période, l'UBB a pris le large grâce à deux essais signés Rey (53e) et Lilo (21-11, 66e), rapprochant inexorablement le Top 14.

Explosion de joie et célébrations mémorables

Après la sirène, les Albigeois ont été pénalisés, déclenchant une exultation générale. Les supporters girondins ont envahi le terrain de manière prématurée, poursuivis par Marc Delpoux en personne qui appelait au calme, avant qu'Heini Adams ne tape en touche et ne délivre pour de bon le peuple girondin (14-21). « Quand on a vu cette explosion, on a vraiment pris conscience de ce que ce match représentait pour la ville », souligne le demi de mêlée. « À la fin du match, Blair Connor me glisse à l'oreille qu'il n'a jamais vu autant de personnes pleurer de sa vie », poursuit Hugh Chalmers.

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Le retour à Moga pour fêter la montée en Top 14 a été tout aussi épique. « On était un club de bohémiens, sourit Laurent Marti. On monte dans le bus, on n'a rien à boire. On s'arrête dans les stations-service, il n'y avait pas d'alcool. Ce n'est peut-être pas plus mal car la nuit a été longue ». À Bègles, de nombreux supporters attendaient pour accueillir leurs héros. « Le service de sécurité nous aide à fendre la foule, on entre dans la Bodega, elle pouvait accueillir 1 000 personnes, il y en avait 3 000 ! Le sol tremblait ! », assure Laurent Marti.

Ce 22 mai 2011, une équipe que personne n'attendait a propulsé l'UBB en Top 14. Cette épopée restera gravée à jamais dans l'histoire du club, ouvrant la voie à de nouveaux chapitres à écrire.