Rencontre cruciale à la Maison-Blanche sur le dossier iranien
La rencontre entre le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mercredi 11 février, a mis en lumière des divergences stratégiques significatives concernant l'approche à adopter face à l'Iran. Cette septième entrevue entre les deux dirigeants depuis le retour au pouvoir du républicain de 79 ans s'est déroulée dans des conditions inhabituelles, complètement à l'écart de la presse, durant plus de deux heures.
Positions divergentes sur les négociations avec Téhéran
Donald Trump a clairement exprimé sa volonté de poursuivre les discussions avec l'Iran, écrivant sur son réseau Truth Social à l'issue de la réunion : « Aucune décision définitive n'a été prise si ce n'est que j'ai insisté sur le fait que les négociations avec l'Iran continueraient pour voir si oui ou non un accord pouvait être conclu. Si c'est possible, j'ai indiqué au Premier ministre que cela aurait ma préférence ». Le président américain a ajouté, en référence aux bombardements américains de sites nucléaires iraniens en juin : « La dernière fois, l'Iran avait décidé qu'il serait mieux de ne pas conclure d'accord et cela a mal tourné pour eux. Espérons que cette fois ils seront plus raisonnables ».
En contraste marqué, Benjamin Netanyahu a plaidé pour une ligne plus ferme, insistant sur les impératifs de sécurité d'Israël dans le cadre des pourparlers. Le bureau du dirigeant israélien a précisé dans un communiqué : « Il faut inclure dans toute négociation entre l'Iran et les États-Unis la limitation des missiles balistiques et le gel du soutien à l'axe iranien », faisant référence aux groupes armés liés à Téhéran dans la région.
Enjeux sécuritaires cruciaux pour Israël
La question des missiles balistiques iraniens constitue une ligne rouge absolue pour Israël, distant d'environ 2 000 kilomètres de l'Iran. Benjamin Netanyahu considère que l'action militaire reste l'unique moyen de résoudre définitivement la question nucléaire iranienne. Les deux dirigeants ont néanmoins convenu de poursuivre la coordination et les contacts étroits entre leurs gouvernements.
Les positions américaines et iraniennes restent très éloignées malgré la volonté affichée de poursuivre le dialogue. Ali Larijani, chef du Conseil iranien de sécurité nationale, a affirmé que les discussions se limitaient à la question nucléaire, tout en accusant Israël de chercher à « saboter » les pourparlers. Il a également rappelé qu'en cas d'attaque américaine, l'Iran riposterait contre les bases américaines dans la région.
Contexte régional et implications diplomatiques
Washington souhaite élargir le champ des négociations au-delà du seul dossier nucléaire, incluant notamment :
- La limitation de la portée des missiles balistiques iraniens
- La fin du soutien aux groupes armés hostiles à Israël
- Le désengagement de l'Iran au Yémen, au Liban et dans les territoires palestiniens
Parallèlement, Benjamin Netanyahu a ratifié la participation d'Israël au « Conseil de paix » de Donald Trump lors d'une rencontre avec le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio. Cette initiative multilatérale, dont l'inauguration officielle est prévue le 19 février à Washington, vise initialement à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza mais ambitionne plus largement la résolution des conflits armés dans le monde.
Les analystes estiment que le dirigeant israélien a anticipé sa venue à Washington pour tenter d'influencer Donald Trump avant que ce dernier ne rencontre la semaine prochaine des dirigeants arabes participant à son « Conseil de paix ». Ces derniers pourraient plaider pour une approche plus modérée face à l'Iran, créant ainsi des tensions supplémentaires dans la stratégie américaine au Moyen-Orient.