Le tribunal de proximité de Sète a rendu son verdict dans une affaire opposant un propriétaire âgé de 79 ans à son locataire, Joël Armentier, élu d'opposition RN à Mèze. L'ancien ostréiculteur Jean-Jacques Granal pourra récupérer sa maison située dans le lotissement de l'Embatut, après une procédure judiciaire longue d'un an et demi.
Une demande de reprise amicale qui tourne au conflit
En 2024, après douze ans de location, Jean-Jacques Granal a demandé à Joël Armentier, également ostréiculteur et ami de longue date, de lui restituer le logement. La maison avait été construite pour le fils du propriétaire, décédé depuis. Le préavis légal était de six mois. Cependant, huit mois après cette demande, rien n'avait changé.
L'épouse de Jean-Jacques Granal explique : "Mon mari, malade et âgé, souhaitait retourner vivre dans cette maison proche de l'étang, à Mèze où il est né." Le propriétaire a alors fait appel à un huissier en septembre 2024, obtenant un délai jusqu'au 30 avril 2025 pour le départ du locataire. Mais le 1er mai 2025, Joël Armentier a refusé de quitter les lieux.
Un nouveau commandement sans effet
Un second commandement de quitter les lieux a été adressé le 13 mai 2025, restant sans suite. Jean-Jacques Granal a donc saisi le tribunal pour engager une procédure d'expulsion. Après un premier report en octobre 2025, l'audience a eu lieu le 11 mars 2026. Entre-temps, Joël Armentier s'est présenté comme candidat à la mairie de Mèze, soutenu par le RN. Le propriétaire a même écrit à la députée RN de la 4e circonscription, colistière de son locataire, en février 2026, pour tenter de résoudre le litige rapidement.
La défense du locataire : insincérité et état de santé
Joël Armentier, par l'intermédiaire de son avocat, a contesté la demande de reprise, arguant que le motif était "insincère". Selon lui, les Granal, qui résident à Sète dans une maison appartenant à l'épouse, n'avaient pas de nécessité impérieuse de vivre à Mèze. Il a également invoqué la maladie grave de sa propre épouse, rendant le déménagement difficile.
La décision du tribunal
Le 15 avril 2026, le juge de proximité a donné raison à Jean-Jacques Granal. Joël Armentier a été condamné à verser 800 € de frais de justice et à quitter les lieux sous trois mois à compter de la notification, sous peine de recours à la force publique. Cependant, le juge n'ayant pas prononcé l'exécution provisoire, la décision pourrait être suspendue, car le locataire a annoncé son intention de faire appel.
Cette affaire met en lumière les tensions entre droit de propriété et droits des locataires, dans un contexte où l'élu RN de l'opposition se voit contraint de quitter son domicile.



