Le grand flou autour du terminus de la ligne 4
Alors que le maire RN de Cagnes-sur-Mer s'oppose au projet, la Métropole cherche une solution pour ne pas gaspiller l'argent public déjà engagé. Deux options émergent pour acter la fin de la ligne à Cagnes-sur-Mer ou à Saint-Laurent-du-Var.
C'est un dossier épineux qui redessine la carte des mobilités sur le littoral. La ligne 4 du tramway, initialement prévue pour relier le Grand-Arénas à Nice jusqu'au parc des sports Sauvaigo à Cagnes-sur-Mer, se heurte à un mur politique. Bryan Masson, maire (Rassemblement national) de Cagnes-sur-Mer, s'oppose fermement à l'arrivée du tramway sur sa commune, contrairement à Joseph Segura, maire (Nouvelle énergie) de Saint-Laurent-du-Var, qui souhaite que le projet aboutisse.
65 millions d'euros déjà engagés
Au milieu de ce bras de fer, Éric Ciotti, président (Union des droites pour la République) de la Métropole Nice Côte d'Azur, tente de trouver un compromis. L'objectif principal est « de ne pas gaspiller l'argent public ». La Métropole a déjà engagé des fonds pour cette ligne : 65 millions d’euros. Face à cette situation, le président de la Métropole indique vouloir s'adapter : « Nous allons travailler avec les maires de Cagnes-sur-Mer et de Saint-Laurent-du-Var pour savoir comment nous adaptons ce projet. »
Ce qui cristallise désormais les débats concerne l'emplacement du terminus. Si le tramway ne va pas jusqu'au parc Sauvaigo comme prévu initialement, où doit-il s'arrêter ? La géographie pose un problème concret : à la limite des communes de Saint-Laurent-du-Var et de Cagnes-sur-Mer, au niveau de l'ancien pub Anastasia, il paraît difficile de créer un terminus.
350 mètres de rail posés à Cagnes-sur-Mer ?
Pour sortir de cette impasse, deux options s’offrent aux élus. La première : s'arrêter à Saint-Laurent-du-Var en mettant à contribution l'institut Arnault-Tzanck, qui pourrait céder des terrains afin de créer un parking relais. Seconde option : franchir la frontière intercommunale et créer un terminus sur l’avenue de Nice à Cagnes-sur-Mer à l’intersection du chemin du Val-Fleuri, à proximité du parking relais de 314 places prévu dans le projet initial. Mais cette alternative est suspendue à une condition politique majeure : encore faut-il que le maire de Cagnes-sur-Mer ne s'oppose pas aux 350 mètres de rail posés sur son territoire communal.
Du côté de Saint-Laurent-du-Var, la réalisation de ce tramway relève de l'urgence notamment pour l'institut Arnault-Tzanck. Avec plus de 500 salariés et « 880 passages de patients par jour toutes activités confondues », la circulation et le stationnement y sont devenus un véritable parcours du combattant. Michel Salvadori, directeur général de l'établissement de santé, prévient qu'il ne dispose plus que d'une « petite soupape de sécurité de deux années maximum » avant l'asphyxie totale du site. Il perçoit donc l'arrivée de la ligne 4 comme « une véritable bouffée d'oxygène ». La future entrée principale de l'hôpital, en cours de construction, a d'ailleurs été conçue pour donner directement sur la route RM 6007, c'est-à-dire sur le tracé exact de la ligne.



